Le journal Le Monde, daté du 1 et 2 septembre, aborde largement la question des nouveaux salaires de ceux et de celles qui viennent d’être promus ministres.Quelques chiffres s’imposent pour bien comprendre.
Un ministre percevra par mois une rémunération brute imposable de10.735 euros et une indemnité mensuelle défiscalisée de 2.684 euros
Le Premier ministre aura chaque mois un salaire imposable de 16.100 euros et une indemnité non imposée de 4.000 euros.
Ces montants semblent très élevés…
Cette réforme décidée par le précédent gouvernement entre maintenant en application après avoir été votée par les députés en juillet. Cette nouvelle pratique veut faire cesser le tripotage des fonds secrets. Depuis des décennies, chaque mois, Matignon envoyait dans chacun des ministères des poignées de billets de banque et le titulaire du marocain puisait à son gré dans cette manne incontrôlée. Il doublait parfois son salaire et arrosait souvent ses collaborateurs selon la règle du bon plaisir. Cette tricherie n’était qu’apparente car elle était devenue légale. Tout le monde le savait et les élus du parlement votaient en fermant les yeux une colossale enveloppe qu’ils remettaient au Premier ministre. Ce dernier déléguait un haut fonctionnaire pour distribuer, la conscience à l’aise, les sous incontrôlés de la République.
Heureusement cette pratique cesse. Nul parmi les citoyens ne la regrettera.
Il est bien évident que ces sommes sont considérables surtout si on les compare au montant du SMIG. On n’a pas de peine à comprendre que les salariés les plus modestes frémissent d’indignation. Et pourtant, si l’on veut éviter une dilapidation des deniers de l’Etat, il est préférable de vérifier ce que touche un ministre plutôt qu’il ne se serve lui-même. La fonction de ministre est à la fois importante et provisoire. Il faut les aider à être honnêtes et ne pas glisser dans leur poche une réserve pour demain quand l’alternance les aura chassés des lambris des palais républicains.
Tout cela me conduit à réfléchir sur les catégories du bien et du mal. Dans la vie humaine, la perfection n’existe pas et il faut aider la vertu à s’épanouir chez tous. Les « Grands » devraient donner le bon exemple mais, en fait, ils sont encore plus tentés de se servir que tout un chacun. La politique devient honnête lorsqu’elle devient transparence. La simplicité consiste bien souvent à vivre au grand jour. Eviter ce qui enferme dans l’obscurité permet d’accéder à la lumière.
D’autre part, les évolutions sont lentes. On ne redresse pas d’un seul coup ce qui est tordu. On est parfois obligé de prendre un tournant large pour contrôler les dérapages. Il y a une éducation pour les ministres comme pour les enfants.
J’ai décidé de ne pas m’offusquer. Et vous ?
2 septembre 2002
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