20. Un changement de ton

« Droit de Questions » (une émission de la chaîne parlementaire) et le journal « Le Monde », quelques jours après la victoire de la droite aux élections législatives, semblent avoir changer de ton. La campagne électorale les inclinait à la virulence vis-à-vis de Chirac et de ses amis politiques. Aujourd’hui, on découvre dans leurs commentaires quelques traces d’opinions favorables. On peut entendre ou lire que cinq ans et une majorité favorable permettront des réformes que les tensions de la cohabitation n’auraient pas favorisées. Il s’agira seulement pour le gouvernement de conserver un bon dialogue avec les forces vives de la nation. Les députés devront occuper le terrain et recueillir les sentiments, non seulement de leurs électeurs, mais aussi de toute la population. Les syndicats seront appelés à négocier auprès des ministres concernés. On parle même de consultations référendaires pour les grands dossiers comme ceux de l’Europe ou de l’immigration… Bref, les propos des journalistes sont sensiblement différents.

Je me suis demandé s’il s’agissait de « courir à la soupe » ou simplement de faire preuve de réalisme. Peut être que la meilleure politique consiste à tirer partie d’une situation donnée et lui faire rendre le maximum de bienfaits. Ce regard positif me semble la meilleure hypothèse.

Un ancien député PS, récemment battu, expliquait dans une discussion télévisée que le gouvernement n’aurait pas plus de deux années de vie. Je me suis demandé pourquoi ce bref délai. Je n’ai trouvé comme réponses que les élections régionales et européennes qui doivent se tenir dans deux ans au scrutin proportionnel. Si le code électoral n’était pas changé d’ici là, on pourrait redouter alors une vague des extrémistes de droite ou de gauche. Il serait alors difficile au Président de la République de maintenir un gouvernement fortement contesté par des élections importantes dans notre pays. Mais peut on aussi facilement changer les règles électorales ?

D’ici là? nous avons le temps de parfaire notre formation civique et de peaufiner nos réflexions politiques.