Après quelques jours de panne, mon ordinateur retrouve une âme pleine de vigueur. Je peux reprendre la rédaction de bulletins modestes pour exprimer des idées sans apprêt sur la conjoncture politique ou sociale de ce mois de juin 2002.
Aujourd’hui j’ai intitulé mes réflexions : « Le cinquième tour ».
Demain, les Français voteront pour le deuxième scrutin des législatives. Il est vraisemblable que la droite parlementaire obtienne la majorité. On verra !
En un mois et demi, les citoyens seront allés quatre fois déposer un bulletin dans l’urne. Peut-être une certaine lassitude peut expliquer une partie des abstentions.
Quelques semaines auront suffi à bousculer le paysage politique de notre pays. Nombre de Français, ceux des extrêmes et ceux de la grande précarité, prendront acte des nouveaux rapports de force. Mais leur déception risque bien de se muer en amertume et cette amertume peut devenir un levain d’agitation sociale.
A cette tranche de plus de 35 % de la population, des courants corporatistes peuvent se joindre. Après les médecins généralistes, on verra les pédiatres, puis les infirmiers, puis les retraités, les membres de la SNCF, les instituteurs et les professeurs, etc., esquisser des réclamations virulentes et défiler sur les boulevards. D’autres catégories voudront aussi ne pas être oubliées et désireront partager une part du gâteau. Rêvent-ils ? Le buffet est il autant garni qu’ils le pensent ?
Les nécessaire réformes des services publics, la privatisation d’un certain nombre d’entre eux, peuvent fort bien susciter une fièvre sociale qui risque de se joindre à des revendications pressantes.
Les décisions de la Commission de Bruxelles ajouteront sans doute au malaise ambiant (cf. Boulogne).
Les difficultés de l’immigration demanderont à trouver dans l’urgence des remèdes à des situations dramatiques.(cf. Sangatte.)
Tout cela attendra sans doute l’automne ou le printemps prochain, à moins que, d’ici là, la nouvelle majorité entre en négociation avec tous ceux qui attendent au guichet des réclamations. L’impatience et l’insatisfaction font déjà entendre leur piétinement. La clameur peut se déclencher tout soudain.
Le Président , le gouvernement et le parlement auront fort à imaginer pour écouter les justes revendications, dialoguer avec les frustrés et les démunis, montrer les possibilités pour calmer les attentes exacerbées d’un certain nombre de catégories sociales qui se jugent oubliées.
Oui, je crains que de nombreux jours de promesses électorales aient créé un appétit démesuré ou réveillé de vraies souffrances. Tout cela peut créer un climat trouble avec de la révolution en fond de tableau. Daniel Cohn-Bendit parlait l’autre soir du 22 mars 1968 à Nanterre.
Est-ce que j’exagère ? Après tout, je n’en sais rien ! Mais j’ai le grand désir que l’Etat républicain trouve un sursaut démocratique pour qu’une paix sociale règne dans notre pays qui a besoin d’être solidaire pour aborder une nouvelle culture européenne et mondiale.
15 juin 2002
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