Luc 2, 34-35

Vocation, provocation et pensées secrètes

À Jérusalem, il y avait un homme juste et religieux.

Il attendait celui qui sortirait Israël de son isolement.

Il obéissait à l’Esprit Saint qui guidait ses pas en ouvrant son cœur et son esprit.

Syméon – c’était son nom – avait un grand désir :

Syméon avait compris beaucoup de choses. À force de contempler, d’attendre dans la foi et d’adorer, Son cœur s’était empli de la Lumière du Dieu qui vient. En lui le désir avait tracé un chemin. Son espoir se purifiait en Espérance.

Il avançait en âge et ne désespérait pas de voir de ses yeux la promesse s’accomplir. Maintenant, il tenait dans ses bras, il serrait sur son cœur le but de sa vie. Il avait tant attendu, il vivait aujourd’hui ce qui l’avait motivé durant de longues années. Sa vocation était comblée. Sa marche se transformait en cantique. Il disait tout haut, à l’entrée du temple, ce qui avait construit sa propre existence.

En Jésus ‘le tout petit’, il reconnaît le ‘tout’ de sa vie et la ‘gloire’ du peuple dont il fait partie. Sa vocation, construite avec l’Esprit Saint, s’épanouit ; il peut maintenant partir en paix.

Le père et la mère de l’enfant sont interloqués. Ils s’étonnent, d’autant plus que le vieillard prophétise et révèle à Marie que son fils sera un signe de contradiction et de division. En s’élevant jusqu’au terme ultime de sa vocation intérieure, Syméon devient ‘provocation’.

Il annonce un Messie qui obligera à se situer par rapport à sa mission et à la personne de celui qui l’envoie. La gratuité de l’amour offert lance un défi doux et paisible. Jésus le Christ, don de Dieu, suscitera l’ouverture, le choix, la liberté, la possibilité d’offrande.

Toute vocation personnelle, reconnue et vécue, devient sans doute une provocation pour le peuple et pour l’ensemble de l’humanité.