Noël, beaucoup plus qu’une visite
Zacharie, le père de Jean Baptiste, retrouve la parole dans l’obéissance à la Parole qu’il reçut quand il offrait à son tour l’encens de la gloire et de la prière.
Il profite d’avoir la langue déliée pour magnifier le Seigneur qui va visiter son peuple. Son rejeton, fruit de la grâce, ouvrira la voie et précèdera celui qui est lui-même le Chemin, la Vérité et la Vie.
Zacharie parle de visite. Il ne soupçonne sans doute pas le mystère de mort et de résurrection de Jésus. Plus qu’un visiteur de passage dont la présence illumine et réjouit, voilà que le Messie par sa résurrection annonce qu’il ne nous quittera plus et qu’il va s’établir vivant pour toujours parmi nous, en nous.
Le mystère de Noël s’épanouit dans celui de Pâques. Chacun, en communion avec le peuple de Dieu, solidaire de l’humanité tout entière, devient temple, présence, précurseur. Le baptisé corporel et le corps communautaire de l’Église s’incarnent dans l’ombre de la mort et s’illuminent comme à l’aube d’un jour qui se cherche.
Nous-mêmes réalisons aujourd’hui la promesse qui va durer de siècles en siècles à travers les vicissitudes de l’Histoire et les trahisons des chrétiens. Eux-mêmes, signes indigents et glorieux, les baptisés ont une mission qui les dépasse. Par leur consentement, ils offrent une « incorporation » au Messie, don de Dieu, qui habite parmi nous pour tirer l’humanité tout entière hors de l’enfermement. Les chrétiens ne sont que des pauvres, comme tout le monde, mais ils acceptent d’être « sacrements » et s’efforcent d’être transparents d’Évangile. Ainsi, ils amalgament, mélangent, intègrent, agrègent, réunissent, insèrent, introduisent un souffle d’éternité dans la pesanteur du temps.
Père du Ciel
C’est un petit enfant que tu nous donnes.
Accorde-nous de célébrer cette naissance,
Dans l’humilité d’une autre naissance
En nous
Celle de l’enfant à qui seul ton royaume est promis.
24 décembre 2005
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