Luc 3, 10

Le Baptiste est un enflammé de Dieu

Tanné par le soleil du désert, buriné par l’ascèse, passionné par l’honneur de Dieu, il ne murmure pas la vérité. Il la crie.

Ceux qui veulent vivre en combattant le mensonge de leur vie, qu’ils s’approchent et l’interrogent ! Avec effroi, ils entendront l’évidence. Mais pourront-ils, seuls, suivrent ce programme vertigineux ? Mais qu’ils prennent garde !

Les chrétiens sans communauté sont souvent fascinés par la vérité. S’ils n’ont que des autoroutes pour y parvenir, ils risquent de s’essouffler. Par contre, les méandres de la vie collégiale en Église leur permettront d’avancer à leurs pas hésitants.

La vie communautaire, avec ses indigences assumées, ses déceptions dépassées, ses approximations proches de la banalité, ses demi-encouragements, dispense chaque jour la nourriture lente qui fait les athlètes de la foi.

Vivre durablement avec d’autres le sacrement du baptême pour devenir corps vivant du Christ, se nourrir de ce corps dans l’Eucharistie, est une marche commune de longue haleine, une performance du temps de la patience.

Jean-Baptiste a accueilli l’option TGV. La gloire de Dieu le presse et le tourmente. Choisi pour être prophète, il en accepte librement l’option majestueuse : immense et âpre chemin d’amour.

Plus tard, il mourra dans l’obscurité d’un cachot parce qu’une jeune fille dansait bien. Destin tragique d’un homme de feu impétueux à cause de Dieu.