Luc 4, 42

Confiscation

Jésus prenait soin de chacun et les guérissait tous.
Entre lui et les foules une connivence.
Il sauvait les miséreux de leurs misères « misérables ».
Sa présence est une chance pour tous.
Lorsqu’il se retire, il manque, la sécurité s’effrite.
Chacun et la foule veulent le garder.

Jésus est si bien.
Il est si bon.
Il est si utile.
Il coûte si peu cher.
C’est une aubaine.

Mais voilà !
Jésus est à tout le monde.
Tous les humains ont droit de le connaître.
Il est donné à tous.
Venu pour tous, il n’appartient à personne.
Sa mission est universelle.
Il est envoyé à tous pour que tous bénéficient de sa présence.
Il ne fonde pas un club.
Sa bonté rayonnante et active n’est pas réservée qu’à quelques-uns.
Il n’a jamais fini. Après ici, il y a encore ailleurs.
Il ne se plaint jamais. Il donne encore, il donne toujours.
Il ne dit jamais : « J’ai déjà donné, j’ai déjà donné souvent, ce n’est plus mon tour ! »
Serviteur du monde, il sert le monde à plein temps.
Quand il quitte l’un, c’est pour aller vers l’autre.

Son repos, ses moments-ressources se passent dans la prière en intimité avec Dieu son Père qui lui confirme, dans le secret mystérieux, la mission initiale qu’il lui a confiée. Être à tous, pour tous. Ressuscité, c’est possible mais, dans le temps, il quitte les uns pour aller vers les autres.

La foule a bien raison de le chercher. Elle sera bien accueillie et bien servie. mais elle n’a pas raison de le garder pour elle. « Jésus est à tout le monde » (cf. Gérard Bessière). Personne n’a le droit de le confisquer. C’est un bien vacant, à la disposition de tous : « C’est un bien commun ».

Quand le Fils de Dieu est venu dans le monde :

Un jour, ses compatriotes ont eu peur de la liberté, de sa liberté. Ils se sont débrouillés pour le faire taire, pour que la liberté ne devienne pas contagieuse et élargisse tout le monde à l’infini de Dieu. Ils l’ont fait condamner par l’occupant. Lui, le Messie de la liberté, a été mis à mort comme un esclave.

Mais, en mourant, il est ressuscité ; on ne tue ni la liberté, ni la bonté, ni l’amour : c’est la Bonne nouvelle. Ressuscité, il est à l’intime de tous, partout, toujours.

Depuis sa Résurrection, quelques humains, les chrétiens, ont choisi librement d’être disciples inlassables de la liberté, de la bonté, du service, de la « guérison », de l’amour. Ces chrétiens que l’on appelle aussi les « baptisés » partent, marchent, ouvrent ce qui est fermé, libèrent de la crainte, de l’ennui, proposent la bonté, le pardon. Ils ne se lassent jamais. Ce qui est banal devient par leur foi une source de renouvellement. Ils se « retirent » parfois pour être présents à tous !

Leurs gestes et leurs paroles crient la Bonne nouvelle de la Résurrection qui souvent se symbolise chaque jour en faisant du nouveau, plein de bonté et de liberté, dans le toujours pareil répétitif. Les « chrétiens confessants » sont aussi les « serviteurs » de la liberté. C’est pour eux une manière d’être de « véritables disciples » au sein des vicissitudes.