Luc 4, 41

Lucidité n’est pas foi

Du temps de Jésus, comme durant les siècles qui ont précédé sa naissance, les populations avaient une certaine frayeur des « anges du diable » qui tourmentaient quelques personnes. Ils « les possédaient », ils en faisaient leur choses, ils les habitaient et, de l’intérieur, détruisaient leur liberté.

Jésus « bonté de Dieu » guérit ceux et celles qui sont sous cette emprise. Il chasse les démons et remet debout ceux qui sont terrassés par les maléfices.

Mais, au moins à Capharnaüm, les démons fuient à l’injonction de Jésus, après avoir confessé, selon les circonstances, qu’il était le « Saint » ou le « Fils de Dieu ».

Les démons « savent » mais ne « croient » pas.

Les démons ‘sortent’,  ‘renversent’ ceux qu’ils tenaient sous leur emprise et, dans leur rage, crient ce qui leur est évident mais qu’ils se refusent à admettre.

Je ne suis pas  un spécialiste en démonologie et encore moins un « exorciste patenté », mais j’aimerais proposer quelques remarques sur ces « forces du mal » qui campent dans un univers très proche (voire à l’intime) ou très lointain des humains.

Ma réflexion actuelle, se nourrit de la lecture du Nouveau Testament et non des livres spécialisés.

Il y a en eux comme une distorsion, un mensonge ; d’une certaine manière ils font leur propre malheur par leur éparpillement, par l’éclatement d’eux-mêmes. 

Je  pense  qu’un diable peut devenir un saint. Je n’admets pas bien qu’il soit pour toujours fixé dans ses diableries. Les circonstances sont tellement prégnantes qu’il ne peut jamais devenir humble, reconnaître qu’il s’est trompé, qu’il a nui à la liberté et à la vérité : la sienne et à celle d’autrui ?

Je crois que la souffrance du mal relève d’une impossibilité provisoire ou définitive (selon : décision, prière, conversion…) à faire en soi une certaine unité entre voir-savoir-dire-décider-confesser-croire-agir.

Je crois que le manque « d’unification » en soi-même empêche la décision à partir :

et donc n’autorise pas l’acceptation de la  foi comme ouverture, communion et lutte journalière.

La cohérence à l’intérieur de soi réclame un vrai travail, voire un acharnement ou une ascèse, pour un bonheur paisible. La parole, la confiance, la disponibilité, en sont des moyens indispensables.

Je crois que la foi tend à établir la communion en soi, à faire un bouquet salutaire de toutes les ‘forces’ qui s’agitent en nous et à pouvoir les offrir par amour à Dieu et à tous ses frères humains.

Peut-être que certains pourront trouver insuffisante ma réflexion sur les « anges du démon » ! Je serai d’accord avec eux. Je ne maîtrise pas du tout mon sujet. Pourtant il me semble que cohérence, unification, douceur, bienveillance, service, bonté, confiance, sont des éléments qui, s’ils s’unissent dans le mystère de chacun à cause du Christ, peuvent contribuer, alentour, à la justice et à la paix, c’est-à-dire à « guérir » les personnes de ce qui les disloque.