Luc 4, 37

Le combat spirituel

Jésus échappe aux habitants de Nazareth qui voulaient le précipiter du haut de la falaise. Il descend à Capharnaüm. Il enseigne à la synagogue et délivre un homme qu’un esprit démoniaque tient captif.

« La réputation de Jésus se propagea dans toute la région »

On peut penser que le ministère public de Jésus commence ici. Ce premier geste de délivrance donne l’orientation de ses prochaines années. Jésus entre dans l’offrande de sa vie pour délivrer les humains, tant dans leur personnalité respective que dans leur vie sociétale, de tout ce qui les éclate, les dissémine,  les éparpille, les disperse, les divise, les ‘superficialise’.

Son action, sa prédication, ses miracles, ses pardons, le don de sa vie, vont dans le sens de l’unification des individus et de l’accord profond entre les personnes. Il mobilise tout son être pour créer, dans un même élan, une unité intérieure et une vraie communion. Il est venu unifier et non diviser. C’est dire qu’il lutte à la fois pour que chaque humain devienne lui-même au maximum et qu’en même temps, il vive communion et donc aussi pardon puisque sur terre il n’existe que dans les aléas de l’imperfection.

À Capharnaüm, Jésus n’expose pas un programme, mais il montre ce qu’il veut et va réaliser au nom de Celui qui l’envoie. Le « diable » dont le nom signifie le diviseur des personnes et des sociétés, n’aura pas le dernier mot. Il ne sera jamais le plus fort, mais Jésus devra sans cesse lutter et combattre pour le vaincre. Parfois, comme cela s’est passé au Calvaire, le malin de la désunion semble gagner, mais la résurrection le soumet pour toujours…

Le baptisé greffé en Christ vit de son Esprit. C’est Lui qui lui donne force et courage pour vivre le même combat que Jésus. Le chrétien lutte sans cesse pour unifier sa vie et collaborer à l’unification personnelle de ceux et de celles dont il partage, à des degrés divers, l’existence. Mais aussi, dans le même élan, il met toute son énergie jusqu’à l’extrême s’il le faut, pour être source et acteur de communion et de pardon.

À partir de ce passage de l’Évangile, je crois que la ‘réputation’ d’un chrétien pour qu’elle se ‘ propage ’ et demeure à son vrai niveau de pauvreté et donc d’efficacité, ne viendra ni de sa séduction, ni de ses grandes proclamations, ni de son verbiage pieux, mais de sa lutte ouverte, douce, constante, juste et spirituelle contre ce qui divise et ravage et pour ce qui unit et fortifie.