Qu’on se le dise…
Jésus ne cherchait ni la notoriété, ni l’estime, ni la gloire, ni les honneurs, ni la popularité. Il vivait simplement et sa réputation trouvait sa source dans le fait qu’il y avait en lui une parfaite adéquation entre sa parole et ses actes. Il faisait la vérité. Il ne se contentait pas de parler et d’enseigner. Il agissait sans décalage. On pressentait en le fréquentant qu’il était lui-même la vérité. Sa cohérence intérieure et sa sainteté impressionnaient et lui donnaient autorité.
Dès le début de son Évangile, Luc raconte les combats de Jésus contre le mal qui tourmente les humains, les enferme et tente de les réduire pour les « posséder ». Le Messie est venu sur terre pour signifier à la création et à l’humanité que les « puissances infernales » peuvent nuire, mais qu’elles n’auront jamais le dernier mot. Parfois, elles paraissent triompher par l’humiliation ou l’homicide, mais la Résurrection ouvre toujours un avenir de Lumière et sauve de l’effacement éternel.
Pour le Christ, c’est-à-dire l’envoyé, le mal, le Malin, le malheur, les mauvais, ont possibilité d’accabler, de harceler, voire de terrasser et de tuer, mais jamais d’annihiler ou de détruire totalement une personne. On pourrait dire que la vie de Jésus peut se lire comme un affrontement implacable à toutes les sortes d’aliénation et de meurtres. Tout se passe comme si son pèlerinage vers l’offrande du Golgotha était une marche de libération des entraves de l’homme qui prennent tant de formes depuis la maladie jusqu’à la soif de l’argent, la vaine gloire, l’injustice…
La mission du baptisé est du même ordre. En partageant le mystère du ‘Vivant au-delà de la crucifixion’, il choisit d’exister tant pour la libération de lui-même que des autres. Il débusque les ennemis aliénants qui rongent les grandeurs humaines, les défie sans trêve et, quoiqu’il lui en coûte, s’efforce de les vaincre. C’est ce combat motivé par l’amour désintéressé qui le passionne, même s’il le blesse.
3 septembre 2007
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