Le grand cadeau
Jésus enseignait dans les synagogues des Juifs. Tout le monde faisait son éloge. Il parlait juste et bien. Il fondait sa prédication sur l’Écriture et la commentait. Quand il revint à Nazareth, le village de sa famille, il opère de la même façon. Il cite Isaïe. Nous pouvons encore lire ce passage référencé maintenant aux deux premiers versets du chapitre 61.
L’Esprit du Seigneur m’a envoyé
En somme, Jésus n’invente rien. Il plante simplement aujourd’hui dans le pays où il a grandi la Bonne Nouvelle. Il acclimate à Nazareth la promesse de Dieu aux anciens. Il accomplit parfaitement dans sa personne le message de l’Envoyé.
Le Don de Dieu se manifeste selon l’accent des villageois. Tous les gens qui sont là à la Synagogue peuvent en profiter. Le Messie est ici, au milieu d’eux, à leur portée. Celui qu’ils situent comme le fils de Joseph leur révèle, à eux, qu’il est le Grand cadeau, le ‘Présent’ du Seigneur pour tous les humains.
Quelle aubaine pour la bourgade ! Il va faire des miracles sur place. Les « touristes spirituels » vont affluer. Jésus voit bien le piège tendu par ses compatriotes. Il ouvre à l’infini ce que tous ne voudraient garder que pour leur intérêt à eux. Il souhaite que son message s’incarne et prenne racine ici mais, en même temps, il désire que tous ceux de Nazareth deviennent des disciples de l’Esprit qui l’a consacré par l’onction. Déjà se profile dans ce coin perdu de Galilée la magnificence de Pentecôte.
On commence à comprendre le paradoxe chrétien qui consiste à partager avec ses proches une culture particulière et en même temps être citoyen du monde et du Ciel. Tenir en soi deux extrêmes, celui de l’enfouissement dans un terroir très particulier et celui de la fraternité universelle, est une souffrance, mais aussi une liberté totale.
Bienheureux les ‘Nazaréens de tous les temps’ qui comprennent la grandeur de cette tension et choisissent de la vivre en communauté dans leur propre bourgade culturelle. Ils apportent aujourd’hui le ‘grand cadeau’ que Dieu réserve en permanence, depuis toujours, à tous les humains.
Fils et Filles de la grâce, les baptisés se situent à la fois dans l’élan prophétique d’Isaïe que Jésus parachève dans l’histoire de son époque et dans l’Incarnation paradoxale du Ressuscité, lumière et consolation pour les ‘événements’ contemporains.
2 juillet 2007
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