Luc 6, 44

Chaque arbre se reconnaît à son fruit

L’écorce, la forme du tronc, le feuillage, les fleurs peuvent également renseigner avec plus ou moins de précision, mais seuls les fruits permettent de bien « reconnaître » l’arbre qui les porte.

Mais un figuier ou une vigne ne portent leurs fruits verts ou mûrs que pendant quelques mois. Le reste du temps il faut se repérer aux feuilles ou à l’allure générale et là commence les risques d’erreur. Bienheureux si proche de soi se trouve un jardinier à l’œil expert…

Oui ! La fructification seule empêche l’erreur sur la nature spécifique de l’arbre. Le critère est à la fois solide et objectif. « Dans un gland il y a Un de chêne et Zéro de poirier. »

Le disciple qui veut à coup sûr savoir s’il a le cœur bon, qu’il regarde avec bienveillance ses œuvres, mais attentivement ! Il ne se trompera pas sur lui-même. Qu’il ne vive pas d’impression, qu’il examine ses actes et les juge. Si par bonheur ils sont vraiment bons  c’est que la grâce l’habite et que naturellement il agit selon le dynamisme de la création.

Souvent nous minimisons ce que nous produisons pour refuser l’excellence du don intérieur. Reconnaître notre fruit nous engagerait sans doute trop vis-à-vis de nous-mêmes, des autres et de Dieu.

Si par contre notre fructification est « médiocre », que la vérité se fasse, et la grandeur découlera de la lucidité et de la négociation avec le réel ; alors ce sera un épanouissement. La médiocrité de notre fructification n’est pas un échec mais un appel. Le constat de pauvreté réclame soit greffe, soit engrais, soit binage.