Luc 6, 40

La démarche spirituelle accompagnée 

Jésus parle de formation. Ce mot semble peu usité dans son vocabulaire. Fait-il allusion au livre de la Sagesse où le disciple reçoit beaucoup de la part de son maître ?

Ou invite-t-il à la formation permanente de l’intimité spirituelle avec lui ?

Il y a donc un apprentissage pour éviter de faire du mal à celui que l’on accepte de guider dans une marche commune.

On ne s’improvise pas « guide ». Il faut prendre le temps de faire ses classes auprès de personnes expérimentées en ce domaine : mois ou années de patience, de dialogue, de fréquentation des auteurs mystiques. Mais si tout cela est nécessaire, ce n’est pas suffisant.

Il ne suffit pas en effet de suivre des cours, de fréquenter des colloques, de confronter des expériences, de rédiger des notes d’entretien, il faut d’abord accepter de se mettre à l’école intérieure de l’humilité, de la souplesse, de la lucidité et de la simplicité.

Ces dispositions intérieures conduisent durablement :

La formation à l’accompagnement se déroule tout au long d’une vie. On devient accompagnateur s’il y a progrès, il n’y a jamais point final. Peut-être un temps de mise à niveau initial, puis une formation permanente, véritable exercice de pauvreté.

À l’échelle de Dieu, accompagné et accompagnateur sont des enfants de la grâce. Ni mieux ni plus mal, chacun est un pécheur pardonné qui cherche Dieu pour en vivre le plus pleinement possible.

C’est à ce rendez-vous de Résurrection que se murmurent entre deux personnes, dans la confiance réciproque, les mots de bienveillance et les gestes de miséricorde.