Luc 6, 39

Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ?

Celui qui ne sait pas où il met les pieds peut-il devenir le guide de quelqu’un qui se confie à lui pour connaître son chemin ?…

Celui qui ferme les yeux sur lui-même et qui refuse la lumière sur sa propre personnalité peut-il accepter d’accompagner celui qui s’en remet à lui pour éclairer sa démarche ?…

Celui qui ne visite pas les replis d’obscurité qu’il porte au plus intime de lui-même peut-il conduire celui qui fait de la nuit son refuge ?…

Nous sommes faits pour marcher ensemble et il n’y a pas d’un côté les éclairés et de l’autre côté les obscurs. Il y a une humanité en quête de clarté qui cherche par tous les moyens à faire la lumière pour ne pas courir à sa propre perte. Ceci est vrai pour l’ensemble du peuple de Dieu mais se vérifie encore pour chacun d’entre nous. Peut-on accéder par exemple  à une vie spirituelle cohérente sans un accompagnement suivi ? …

Rien de pire que celui qui ne veut pas voir ou qui refuse de discerner. Lunettes ou longue vue ne servent à rien. On peut lui donner formation sur formation en spiritualité ou en sciences humaines, rien n’y fait. La question est de renoncer aux ténèbres pour, tant bien que mal, se hasarder sur la route.

On ne demande pas des extralucides, foin de Madame Soleil ; on réclame des clairvoyants illuminés par l’Esprit du Seigneur. S’il faut redouter l’aveuglement, il ne faut pas attendre d’être totalement sorti de l’ombre pour rendre le service de starets.

L’humilité demandée avec patience est la meilleure lampe pour le cœur : elle combat la cécité.