La bonne mesure
Selon l’Évangile, la bonne mesure est à la fois sans mesure et sur mesure.
Rien n’est standard… dans les rayons de la « rétribution » point de confection… tout est taillé à la juste et vraie dimension de chaque personne.
Ce qui fait la grandeur d’accueil de quelqu’un c’est sa seule capacité à donner. On ne désire et on ne digère que ce que l’on est prêt à donner. On est comblé soi-même à la même mesure où l’on souhaite combler autrui selon sa mesure et son appétit. Donner creuse en chacun le setier personnel où le maître va verser sa ‘providence’. Recevoir et donner marchent ensemble et je crois avoir compris que ce n’est pas une affaire de calcul mais d’offrande désintéressée. Si l’on est ‘chiche’ pour le don, on est ‘rétréci’ pour l’accueil. À être pain dur pour les autres on ne mange soi-même que des croûtons rassis…
Après ces considérations, il faut sans doute se demander si donner et recevoir ne sont pas les deux aspects de l’amour qui établissent la relation structurante de personnes à personnes.
Jésus don de Dieu est à la mesure de Dieu. Il est Christ, il comble l’humanité à la mesure où elle veut bien l’accueillir et le donner. Ce qui pourrait signifier que l’on ne reçoit que le Christ que l’on s’apprête à transmettre gratuitement à d’autres. L’ampleur de la mission que l’on vit calibre l’ouverture au don que Dieu fait à chacun et à la communauté. Plus elle est large et permanente plus chacun est comblé.
La mesure sans mesure et sur mesure de la Trans-Mission de la Bonne Nouvelle (qui respecte la liberté et « n’emboque » pas celui qui reçoit), suscite la mesure, sans mesure et sur mesure, du Don que Dieu fait à chacun et à l’ensemble des baptisés rassemblés en Église.
Souvent, comme beaucoup, nous nous plaignons de ne pas savoir transmettre la foi qui nous anime, nous ferions bien de nous interroger sur notre propre volonté à témoigner du don de Dieu que nous reconnaissons en Jésus Christ. Le Don ‘accueilli’ est à la mesure du Don ‘que l’on est prêt à faire’.
Dans l’économie divine, nous ne recevons en fait que ce que nous sommes disposés à donner.
18 février 2008
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