7 juillet 2012
J’ai tendance à penser que faire « pénitence » n’est pas une souffrance, mais d’abord l’acceptation joyeuse de vivre du Ressuscité pour être aujourd’hui ses témoins incarnés. Aimer la réalité, la regarder en face, la bien connaître, si c’est nécessaire et si l’on peut la modifier selon ses moyens pour la rendre meilleure, sinon l’endosser et l’offrir. J’aime contempler la Croix selon cette dynamique.
6 juillet 2013
La vie chrétienne dans sa double dimension personnelle et communautaire, n’est ni rafistolage, ni bricolage. Elle est décision résolue. La vie chrétienne est fragile. Elle affronte des tempêtes ou des langueurs. Elle est désarmée mais elle ne cesse pas le combat. Elle vit l’aujourd’hui de la Résurrection en conjuguant sans cesse, au cœur des baptisé, l’intimité avec le Christ des Evangiles tel que l’Esprit le fait naître en permanence à la jointure des consciences et l’amour de l’Histoire qui se fait chaque jour. A vin nouveau, outre neuve !
5 juillet 2014
Il doit y avoir un brin d’incompréhension entre les disciples du Baptiste et les disciples de Jésus. Cela arrive parfois entre des disciples qui, pour des nuances, se chipotent plus que de raison au lieu de se réjouir de leurs différences. Mais au moins là, dans le cas présent, ils en parlent et ne s’excluent pas. Jésus en profite pour en tirer une leçon vis-à-vis de tous. Les temps changent. Il faut en tenir compte si l’on ne veut pas déchirer d’avantage la vieille étoffe ou gaspiller le précieux vin nouveau. Trouver la bonne solution demande réflexion, prudence et audace. Il vaut encore mieux, en effet, prendre des risques que de rafistoler des choses excellentes qui se sont usées par leur bon service de naguère.
4 juillet 2015
L’habit du baptême est toujours tout neuf. Il ne vieillit pas, Plus il est porté, moins il s’use. S’il a un accroc le tissu vivant du Christ le répare et nul ne peut distinguer l’endroit de la déchirure réparée. Les chrétiens sont des personnes de la mémoire et du récit et non pas du souvenir. L’amour est toujours actuel et la fidélité se vit au présent et invente demain. Confiance.
2 juillet 2016
Qu’est-ce que jeûner en 2016 ? C’est sans doute se libérer par amour de tous les superflus qui encombrent la disponibilité et l’offrande. C’est installer aussi dans son existence que l’équipement nécessaire pour l’accueil et le service des autres. C’est encore aménager dans sa vie quotidienne des plages de prière et de contemplation de la personne du Christ, messager, médiateur, ami et consolateur miséricordieux. Depuis toujours, l’Aumône et le Jeûne sont des « petits riens » journaliers qui désirent seulement assouplir le cœur et la volonté pour vivre au gré des jours, le don de la tendresse de Dieu pour le monde.
8 juillet 2017
A chaque époque, à chaque mentalité, à chaque spiritualité, il faut vivre de son temps et collaborer à construire la société d’aujourd’hui, non pas en la rafistolant selon les recettes d’hier et d’avant-hier mais en organisant le ‘maintenant’ de l’Histoire qui s’invente et se tisse vaille que vaille. Dans le brouhaha des chantiers du monde qui se construit, les ‘baptisés confessants’ ont leur petite pierre originale à apporter et à offrir, et non à imposer. Sans eux, il manquera un petit quelque chose. Ils ne peuvent pas se dispenser d’être actifs à leur humble place. Outre leur offrande, personnelle et communautaire, permanente, où ils rejoignent le Christ, ils prêtent leurs mains, leur intelligence, leur acharnement, pour édifier avec tous un peuple qui s’organise afin d’être aujourd’hui heureux parce que solidaire et juste.
7 juillet 2018
« A vin nouveau, outres neuves. Tout se conserve ». Il est nécessaire d’adapter sans cesse le vin spirituel que Dieu donne, aux « outres » qui reçoivent ce précieux cadeau. Ce que Dieu offre aux humains est constant dans l’amour, la bonté, la miséricorde. Les hommes et les femmes de tous les temps ne l’accueillent que dans la culture propre à leur époque. Depuis Jésus, nous croyons que le Christ ressuscité frappe constamment à la porte de l’humanité et qu’il n’est accueilli par les humains qu’à la mesure de leur propre histoire. Reste qu’il faut que cette histoire reste disponible à la Pâque du Seigneur et que notre accueil s’ouvre à l’aujourd’hui du temps pour que le vin de toujours puisse nous réjouir maintenant.
6 juillet 2019
Dans la vie ordinaire, chacun se trouve devant des « objets » ou des « pratiques » qui aujourd’hui sont totalement ‘usés’. Il est inutile de les réparer. Il faut les remplacer au risque de ne pas savoir se servir de l’objet nouveau, alors que l’on était à l’aise dans l’usage de celui qui est devenu obsolète. Il en est de même pour les pratiques qui n’ont plus actuellement d’actualité et de signification. La vie courante nous appelle à se ‘tenir à jour’ et à inventer de nouveaux comportements. Ce qui est avéré pour les choses ordinaires de la vie est une véritable parabole pour le baptisés chrétiens. Ils renaissent chaque jour. L’aujourd’hui du Ressuscité les enracine dans un maintenant sans fin.
4 juillet 2020
Jésus appelle le « publicain » Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôts, à le suivre. Matthieu, comme tous les publicains, est classé parmi les infréquentables qui travaillent pour l’occupant romain : ils manipulent l’argent du peuple de Dieu pour le remettre aux païens. On dit même qu’ils ‘s’engraissent au passage’ et deviennent riches en trafiquant. Ils sont honnis par les pharisiens qui les considèrent comme des pécheurs publics. Après l’appel de l’un d’eux, ce qui est déjà scandaleux, Jésus aggrave son cas en mangeant avec quelques ‘percepteurs’. C’est horrible et incompréhensible ! Avec le Christ, des temps nouveaux s’ouvrent : « Je veux la miséricorde non le sacrifice ». Et il laisse aussi entendre qu’il n’est pas venu rapiécer les vieux vêtements avec de l’étoffe neuve.
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