Matthieu 25, 14-30

1er septembre 2012

Mauvais, paresseux, bon à rien, l’Evangile n’est pas tendre pour celui et celle qui, peureux, ne fait pas fructifier ce que le Seigneur lui a donné en partage. Dieu aime les fruits des arbres « greffés ». Ils ont le goût de l’humain et du divin !

31 août 2013

Chacun de nous connaît des personnes qui disent : « Je n’ai qu’un talent, je ne suis « rien du tout » à comparer de ceux et de celles qui possèdent beaucoup ». « Je ne suis utile en rien, j’ai peur de décevoir, je me retire et m’enfouis avec mon seul talent ». Erreur profonde. C’était justement ce « pauvre talent unique » qui manquait pour que tout réussisse. La réussite est collective, chacun est indispensable. C’est l’Evangile qui l’affirme. Ce n’est pas une question de quantité mais d’offrande.

30 août 2014

Le baptisé reconnaît devant Dieu : « Ce que tu m’as donné par ta grâce et par la médiation des autres, en fait, tout ce que j’ai reçu, je ne veux pas le garder pour moi seul. Je désire même le développer pour offrir le plus possible aux autres ce que tu m’as confié en Jésus, comme la bonté, le pardon, la fidélité, et toutes mes capacités. Je m’applique à mettre en valeur mes facultés grandes ou petites pour enrichir la société humaine dont je me reconnais solidaire. Pour répondre à ta confiance, je m’efforce de valoriser tes dons et d’en faire bénéficier tous mes frères humains. Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne. »

16 novembre 2014

Chacun porte en soi une richesse unique. Elle diffère des uns aux autres, quelle qu’elle soit. Elle est indispensable à la société. Chaque humain est convié à mettre au service de tous ce qu’il possède en propriété personnelle. C’est une grave faute de ne pas faire fructifier ce que l’on est car la société a besoin, pour bien vivre, du capital et des intérêts de chacun. Chaque particulier enrichit le bien général. Ce que quelqu’un a acquis par sa culture quelle qu’elle soit, est appelé à profiter à la société entière. « Nul n’est une île. »

27 août 2016

C’est un serviteur mauvais et paresseux celui qui ne fait pas fructifier les dons qu’il a reçus pour en faire profiter ceux et celles qui aujourd’hui ont besoin d’être aidés pour vivre les difficultés qu’ils affrontent. Chacun est appelé à élargir son regard, à comprendre que ce qu’il porte en lui l’instaure gérant de la solidarité humaine. Il accroît ce qu’il a pour le donner et non pour se gaver. Ceci est vrai, non seulement de l’argent, des compétences humaines, mais aussi des trésors spirituels que chacun a reçu. Tout ce qui est à moi, je n’en suis que le libre dépositaire. A moi d’affiner ma conscience, de travailler pour accroître ce que j’ai reçu, et le développer afin de le répartir.

2 septembre 2017

Chacun porte en lui un trésor. Sa vie, son unicité, sa conscience, son savoir-faire. Tout cela, il l’a reçu, modelé, acquis. Chacun est précieux. Ses parents ‘l’élèvent’ non seulement pour son bonheur personnel, mais aussi pour qu’il tienne heureusement sa « place » dans la société. Sa vie est une école où il peut apprendre à partager. Il est vrai que certains n’osent pas entreprendre de faire fructifier pour eux et pour les autres ce qu’ils sont. Leur manque d’audace, la peur de perdre, la fuite du risque, leur manque de regard sur l’appel social, les recroquevillent sur eux-mêmes. Ils oublient qu’être humain est un pari d’aimer à la fois fou et raisonnable. Ils ne s’épanouissent pas, ils sèchent sur pied parce qu’ils n’ont pas mis en valeur leur richesse personnelle. Même si elle était bien mince, ils n’ont pas travaillé à la faire prospérer pour autrui. Ils sont bien malheureux.

19 novembre 2017

Ce n’est pas seulement en matière de spiritualité, d’esthétique, d’humanisme, que nous devons nous bien gérer pour pouvoir partager. C’est aussi en matière d’économie et d’argent. Gagner sa vie largement et honnêtement en travaillant avec assiduité pour redistribuer ce qui nous est superflu et même nécessaire, incombe à chacun. Faire « fructifier » ses talents pour élargir et mettre à l’aise nos contemporains pour qu’ils affrontent demain le cœur léger est un devoir social de solidarité. Se replier sur soi et vivre dans la peur de risquer et de manquer ne correspond pas à la « générosité » du Christ.

1er septembre 2018

« Tu moissonnes là où tu n’as pas semé ». L’homme qui n’a reçu qu’un seul talent dit juste, c’est évident ! Dans sa création permanente, Dieu fait confiance au génie de l’homme pour qu’il aménage, transforme, transmette ce qu’il a reçu gratuitement. Travailler, produire, offrir à tous le fruit du progrès, incarne la confiance amoureuse de Dieu. Chaque humain, à titre personnel, et l’humanité dans son ensemble, sont tenus « d’augmenter » et de répartir le produit de leur ingéniosité. Respecter le don de ‘Dieu-Source’ n’est pas de le conserver mais de l’améliorer constamment pour le bien de tous. Les baptisés ont de la joie à rejoindre dans leurs efforts ceux et celles qui dans la laïcité pratiquent cette dynamique. Ils ont à cœur de révéler au milieu d’eux le mystère de la confiance de Dieu pour les humains.

31 août 2019

Chercher et reconnaître humblement les talents dont la grâce, la nature et la société nous ont pourvus, est un devoir social. Ce qui est en nous comme un trésor, gros ou petit, n’appartient pas qu’à nous. A chacun de cultiver et d’augmenter la valeur qui le fait vivre afin de l’offrir gratuitement à ceux et celles qui l’entourent. La réussite commune dépend de l’offrande de chacun.

15 novembre 2020

Le maître partit en voyage, il « appela » ses serviteurs et leur « confia » ses biens. Il ne leur dit pas explicitement de les faire valoir, mais cela allait de soi. La reconnaissance habite ceux et celles qui  reçoivent. Un peu ou beaucoup qu’importe. Ils reçoivent. Ils sont les « obligés ». Les biens ne gardent leur valeur que s’ils fructifient. Et chacun sait que faire « fructifier », c’est prendre le risque de faire « travailler » ce qu’il a reçu et ainsi de garder dans sa pleine valeur d’origine ce qui lui fut naguère confié. J’ai raconté la parabole de Jésus car je crois avoir compris qu’à la grande confiance de Dieu correspondait la gratitude inventive. Les humains font valoir la création en la rendant encore plus belle, plus généreuse, plus solidaire. Qu’en est-il de notre gestion ?

28 août 2021

Chacun de nous, tant par ce qu’il a reçu que par ce qu’il a ajouté lui même, possède une certaine richesse. On peut dire qu’il est gérant de tout ce qu’il est et de tout ce qu’il a, mais qu’il n’en est pas propriétaire. Sa personne est sociale. Il a non seulement des comptes à rendre, mais il doit aussi se valoriser et ainsi enrichir la société. Il est bien évident qu’il lui faudra prendre les risques d’une gestion et non s’entortiller dans la peur de perdre. Cela est vrai aussi bien dans le domaine spirituel que dans l’exercice de la solidarité laïque. Nous devons examiner de temps en temps notre ‘audace-audacieuse’ pour augmenter le bien commun. Il serait injuste que nous privions les autres d’un patrimoine qui leur appartient aussi.