31 juillet 2012
Les humains sont des semeurs et non des moissonneurs de l’au-delà. Ils ne sont pas chargés de la récolte outre temps mais de la semaison et du soin des emblavures. Les anges sont affectés au tri. C’est sans doute pour cela que les humains n’ont pas à juger les autres humains et encore moins à les condamner.
30 jullet 2013
Je ne sais pas ce que les apôtres ont retenu de l’explication par Jésus de la parabole de l’ivraie et du bon grain. Je lis ce qu’écrit Matthieu et j’ai bien du mal avec les anges moissonneurs, la fournaise et les grincements de dents. Au risque de me tromper et de tronquer le message de Jésus ! Je reconnais que, nous les humains, nous sommes des êtres mélangés, que nous devons vivre avec « nos casseroles », les traîner, et nous diriger vers Dieu en aimant, dans la patience, nos propres insuffisances et aussi nos frères et sœurs humains qui sont aussi des « mélangés ». La grâce nous suffit pour effectuer avec tous notre pèlerinage terrestre.
28 juillet 2015
Les humains ne sont pas des parfaits, ce sont des « mélangés », à la fois sordides et somptueux. En eux, le meilleur et le pire peuvent voisiner. Il faut beaucoup de patience et d’honnêteté avec soi-même pour apprendre à distinguer le bon et le mauvais. Il faut encore beaucoup plus de douceur et de délicatesse envers soi-même pour entreprendre de trier, sans dommage, entre ce qui est droit et ce qui est tordu dans nos intentions et nos comportements. Cette patience trouve sa source dans la bonté et l’humilité. La tendresse de Dieu est source permanente de conversion.
1er août 2017
Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme. Le champ, c’est le monde. Depuis le début jusqu’à la fin du temps, tous les humains reçoivent le bon grain. Ils peuvent en faire ce qu’ils veulent. Ils s’appliquent à bien discerner. Dieu propose avec amour, mais eux, les terrestres, disposent. Leur faiblesse les autorise à se tromper, à modifier leur accueil, à se donner, à se reprendre, à se redonner. Dieu les aime sans relâche. A leur égard, il demeure éternellement en constante bienveillance. A tous les humains, il signifie son amour de bien des manières, mais son cadeau suprême, c’est la liberté. Il ne contraint pas, il pardonne. C’est lui, le Père Prodigue, qui donne tout, même au risque du gaspillage, et il accueille sans cesse.
31 juillet 2018
« Celui qui a des oreilles, qu’il entende ». Il ne s’agit pas seulement d’entendre le bruit des mots. Il faut encore que les termes se coordonnent et se trouvent à leur juste place pour expliquer clairement le sens d’une action ou d’une attitude. Il faut aussi une bonne prononciation. Il faut, de plus, que le langage résonne dans la culture de l’auditeur. Oser parler vrai suppose que l’on ait quelque chose à dire qui monte de sa propre histoire. Beaucoup sont sourds au langage chrétien parce que beaucoup de baptisés récitent un catéchisme ou un credo, hermétique à la culture ambiante. Ils n’ont pas les mots qui portent, parce qu’ils n’ont pas un message qui intéresse. Souvent les sourds n’ont rien à entendre, parce que personne ne parle à leur cœur. La bonne entente germe d’une réciprocité des histoires personnelles qui commencent à dialoguer.
30 juillet 2019
On est à la maison. En privé, les disciples demandent à Jésus de leur expliquer la parabole de l’ivraie. Ils n’ont pas bien compris. Ce n’est pas étonnant, car la parabole touche au mystère du mal dans le monde. Jésus donne une explication. Je ne suis pas certain qu’après son intervention, ils aient mieux compris ! La fin du monde, les anges, le diable, les pleurs, les grincements de dents, ça fait beaucoup à digérer ! Cette explication à un goût de l’an 70. En 2019, la culture ayant changé, il faut trouver une autre approche. Ce sera le fait des baptisés chrétiens face au mal qui fait frissonner le monde.
28 juillet 2020
Jésus explique à ses disciples la parabole de l’ivraie. Il leur parle pour qu’ils comprennent. Il part de leur manière de penser habituelle. Il donne une signification acceptable à leurs pratiques. Il ouvre leur cœur et leur intelligence avec des mots qu’ils emploient. Par respect et par amour, il reste à leur niveau. Il vit l’Incarnation dans leur mentalité culturelle. Il répond à leur demande : « Explique-nous, rejoins- nous, dans nos capacités présentes ». Il est évident pour moi que le Christ Ressuscité demande aux ‘baptisés-confessants’ d’expliquer les paraboles dans le « Souffle de l’Esprit » qui les rend présents à leur temps et à la culture de 2020. Cette mission est passionnante. Elle requiert, d’une part, une méditation assidue des Écritures et particulièrement du Nouveau Testament et, d’autre part, d’être un acteur de la ‘modernité’ pour en connaître ses termes, ses limites, son jaillissement constant et ses grandeurs.
30 juillet 2021
Le mal dans le monde est un bien grand mystère. Sur lui, on porte un regard, soit simpliste, soit trop compliqué. A tout prix, on a voulu l’expliquer. Alors, on a tout embrouillé. De toute éternité, dans toutes les religions monothéistes, Dieu et le mal se font la guerre. Chez les chrétiens, depuis vingt siècles, on cherche à mieux comprendre. L’Évangile de Jean me donne une clarté modeste, à peine suffisante, mais je n’ai pas mieux pour le moment. Trois mots s’entrelacent pour m’aider à réfléchir : amour, proposition, liberté. Le deuxième et le troisième explicitent le premier. Ma liberté répond à la proposition d’amour : « Oui ou non ? ».
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