Marc 12, 18-27

6 juin 2012

Beaucoup se perdent dans leurs raisonnements approximatifs. Souvent, ils ne cherchent inconsciemment que des raisons gigognes pour ne rien décider ou pour ne pas croire. Ainsi les Sadducéens… La Résurrection est une plénitude de chaque personne dans une autre « facture » que celle du temps. En Dieu, la multitude n’est pas une « somme » et chaque personne demeure pour toujours.

5 juin 2013

« Ça discute et ça rediscute encore ». Pour important qu’il soit de parler, de chercher avec d’autres, de confronter la foi et la raison, de se servir à fond de son intelligence pour approcher le mystère, il faut aussi savoir adorer, faire confiance, choisir librement la foi pour entrer dans l’indicible et fréquenter le mystère qui garde son secret et donne pourtant une lumière. La contemplation ouvre des portes à l’intelligence ; naît alors un discours surprenant.

3 juin 2015

Je crois que depuis que l’homme est humain, chaque personne commence, dans le temps et l’espace, un pèlerinage sur terre. A sa mort, je crois que chaque personne ne finit pas. On dit qu’elle ressuscite, c’est dire qu’elle est mystérieusement accueillie dans la relation trinitaire. Elle demeure unique et en communion. Elle s’accomplit pleinement dans la bonté de Dieu. C’est la Bonne Nouvelle que le Christ Jésus a révélé par sa propre résurrection.

1er juin 2016

Pourquoi transformer en précepte étroit ce que la foi en la Résurrection de chacun des humains ouvre comme espoir de joie et d’accomplissement ? Nous sommes ainsi tentés de réduire en formules temporelles figées ce que la mystique nous suggère et les Écritures nous autorisent à croire. Ne serait-ce pas pour que nous désirions garder une certaine maîtrise sur un mystère qui nous dépasse ? Si tel était le cas, nous te demandons pardon, Seigneur, de vouloir farfouiller dans ton domaine, celui de l’Éternité.

7 juin 2017

Sur terre, chacun de nous est limité à ce qu’il est naturellement par ses parents qui l’ont engendré dans un patrimoine génétique particulier. De plus, sa sexualité en fait un homme ou une femme. Sa vie s’étire dans un temps plus ou moins long. Il grandit dans une culture et non dans une autre. Marié ou célibataire, selon son choix ou les circonstances… Bref, il est limité et vit à plein son statut de limité. Il en est généralement heureux. Lorsqu’il meurt, les chrétiens croient qu’il ressuscite personne humaine sans limite. Il est pleinement Unique et totalement une personne épanouie, disponible à la contemplation, au bonheur, à la communion sans réticence. La Résurrection le comble et le personnalise… C’est du moins ce que je crois lorsque j’intériorise la réponse de Jésus aux Sadducéens.

6 juin 2018

« N’êtes vous pas en train de vous égarer ? ». Les Sadducéens, une sorte d’aristocratie de l’époque, ne croient pas à la résurrection soupçonnée par Daniel. Un groupe vient interroger Jésus. Ils commettent une double erreur. La première dans leur exégèse, la deuxième dans leur négation de la puissance de Dieu. Pour Jésus, la Résurrection est une permanence de l’être après la traversée de la mort. Le Dieu des vivants donne à chaque personne son amplitude pour toujours, comme il l’a fait entendre à Moïse depuis le buisson ardent : Abraham, Jacob, Isaac existent toujours dans la proximité de Dieu : Ils sont eux-mêmes vivants.

3 juin 2020

La mort n’est qu’ « un passage » ; il est parfois douloureux pour ceux ou celles qui ‘vont’ au-delà du temps et de l’espace. Ce départ génère souvent beaucoup de chagrin chez ceux que l’on quitte et laisse sur terre. Et pourtant la mort dépouille des limites. Le ressuscité arrive dans l’éternité. Présenté à l’amour Trinitaire par le Christ Jésus, il découvre une joie nouvelle qui l’accomplit dans un autrement de beauté et de bonté. Il recevra le don d’accompagner discrètement les terrestres qui lui demandent conseil pour agir dans le monde. Il retrouvera ‘au ciel’ ceux qu’il a aimés tout au long de son parcours sur les chemins de la terre. Ils seront intimes, mais autrement. C’est mal ‘dit’, mais ce sont les mots que j’ai trouvés pour, aujourd’hui, exprimer ma foi.

2 juin 2021

Dans la Résurrection, les disciples du Christ ressuscité croient que les limites du masculin et du féminin disparaissent. Les personnes demeurent. Elles sont accomplies à tout jamais. La spécificité de chacun et de chacune trouve son apogée. On pourrait peut-être dire que l’histoire profonde et singulière trouve son exaltation et que s’effacent tracas et ennuis de toutes sortes. Tous sont comblés et « adultes » pour l’éternité bienheureuse. Leur liberté est extrême. Ils ne sont pas divins mais humains, irrigués par le dynamisme trinitaire. C’est à mon avis, ce que le Credo veut dire lorsque nous affirmons en le récitant que nous croyons à la ‘Résurrection de la chair’.