16 janvier 2012
Le vin nouveau n’a pas fini de se faire. Il chemine vers l’excellence de la Résurrection. Il fermente encore. Il devient… On ne peut le recueillir que dans la souplesse. Maintenir le passé est une rigidité qui appelle fissures et délabrement. Sur terre, le baptisé est un vin nouveau durant tout son pèlerinage.
21 janvier 2013
On pourrait dire que « jeûner » revient à se ‘mettre à jour’ avec le Ressuscité, Seigneur de l’éternel présent. « Jeûner » consiste à limer les angles qui meurtrissent, blessent ou tuent les relations essentielles à l’épanouissement de la vie humaine sociale ou communautaire. « Jeûner » conduit à être présent au Christ, l’Aujourd’hui de la bonté de Dieu, qui engendre sans cesse la simplicité dépouillée et l’offrande évangélique. Jeûner assouplit les raideurs. L’ajustement à la tendresse réciproque tisse la pleine communion.
20 janvier 2014
Le jeûne qui a de l’importance et qui est un assolement pour le Don de Dieu est celui qui aiguise le désir de connaître le Christ et ouvre l’appétit de se nourrir de Lui. La pénitence la plus austère ne sert à rien si elle ne prépare pas à recevoir Celui qui incarne la bonté de Dieu. Il ne s’agit pas d’inventer des mortifications, mais de vivre la réalité journalière dans l’offrande, la paix, la justice et la communion fraternelle. Nous sommes les intimes du Christ, non pas par le seul fait des pratiques ascétiques, mais par la relation vivante que nous entretenons avec lui. C’est lui, notre Chemin de Croix.
19 janvier 2015
Si l’on vit vraiment dans l’intimité du Christ, on n’a plus besoin de règles strictes. L’amour suffit. Il dicte à chaque instant ce qu’il faut entreprendre selon l’Evangile pour être dans le monde en concordance avec l’Esprit du Ressuscité. Par contre, si on traverse une disette spirituelle, il sera bon de se donner des repères concrets pour garder dans l’épreuve le cœur attaché à celui que l’on désire aimer.
18 janvier 2016
Même de nos jours, on dirait que, pour certains chrétiens, ils sont tellement unis au Christ que les pratiques ascétiques semblent superflues ou au moins décalées : « Ils sont avec l’époux ». Illusion ? Privilège ? Je ne sais. Leurs journées entières sont communion dans le mystère de l’Incarnation. Souvenons-nous de la phrase de Saint Paul : « Quoique vous fassiez, faites tout au nom du Seigneur Jésus ! ». Si cela est véridique, quelle responsabilité !
16 janvier 2017
Il me semble que cette réponse de Jésus veut nous dire quelque chose au sujet du jeûne préconisé par les coutumes des pharisiens, de Jean le Baptiste lui-même et de quelques autres spiritualités religieuses. Le jeûne, privation d’aliments pour le corps, n’est qu’un moyen de signifier intérieurement la faim de Dieu. Il en va de même de toutes les pratiques. Elles n’ont de sens que si elles favorisent l’élan du cœur vers la bonté de Dieu qui comble les humains. Dieu, en effet, donne en nourriture sa force, c’est-à-dire son Fils Jésus. Se nourrir de sa Parole donne faim de Dieu et le service fraternel alimente la communion à la tendresse du Seigneur pour tous les humains.
15 janvier 2018
« Le jeûne ne se comprend que pour aiguiser notre faim de Dieu ». Comme toutes les pratiques humaines religieuses, elles n’ont de fécondité et ne sont efficaces que si on ne les effectue que pour faire grandir en nous, dans la simplicité des jours, l’accueil de la présence du Ressuscité, source de paix avec nous-mêmes, de liberté dans la relation renouvelée chaque jour envers ceux et celles qui nous entourent, d’actions qui font l’histoire collective de la laïcité. Il ne sert à rien de s’agiter et de « rapetasser » du vieux avec de la nouveauté, il suffit de vivre au présent la nouveauté du Christ, source de juste présence.
20 janvier 2020
Pourquoi les disciples de Jésus jeûneraient-ils tandis que le Christ marche avec eux sur les routes de Palestine ? Sa parole et ses actions les nourrissent. Ils n’ont qu’à ouvrir les yeux et tendre l’oreille pour voir et entendre. Ils sont comblés. Le Messie est avec eux. Il n’en sera pas de même après la Résurrection-Ascension de Jésus. Ils sont « vides » comme le tombeau… Ils ont besoin de créer dans leur corps et leur cœur un appétit de Dieu. Le jeûne choisi et vécu dans la foi les affame…
18 janvier 2021
Un vêtement usé ne peut fournir des pièces pour raccommoder un habit neuf. Inversement, il serait regrettable de se servir d’une pièce prélevée dans une étoffe neuve pour « rapetasser » une vieillerie -neuve jadis ! -. Il semble que le simple bon sens soit suffisant pour comprendre que l’expression de la foi, la liturgie, la vie communautaire, la prédication, la mission qui ont été une nouveauté à chaque époque de l’Histoire, soient maintenant obsolètes dans leurs formes et ne puissent convenir telles quelles dans la modernité. La foi, la vie communautaire, sont toujours neuves et à recevoir aujourd’hui. Le mystère d’amour est toujours en train de naître et de renaître grâce à l’Heureuse et Bonne Nouvelle du Christ Ressuscité.
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