Luc 13, 22-30

31 octobre 2012

Le baptisé est sans aucun doute un « pèlerin » sans bagage. On ne franchit pas la porte étroite de la foi avec un gros sac à chaque main. Faire Corps avec le Christ demande un dépouillement. Chacun s’applique à savoir ce qu’il a de trop pour entrer désencombré et confiant dans l’intimité du Ressuscité.

25 août 2013

Jésus monte à Jérusalem. Il traverse villes et village en enseignant. On peut penser que l’accueil qui lui est réservé n’entraîne pas les foules. La porte est étroite parce qu’il ne s’agit pas de religion mais de foi, et donc de liberté et de conversion. Il ne suffit pas seulement de pratiques à observer, mais de bouleversement de la manière d’être. Oui, ceux et celles qui désirent et font la démarche de la foi seront les « premiers ». Ceux et celles qui ne veulent pas changer leurs « vieilles » habitudes religieuses pour une Vie Nouvelle seront les derniers.

30 octobre 2013

Pour prendre « place au festin du Royaume de Dieu », pas besoin de « certificat », ni de dossier  administratif, ni de « passeport » du service des douanes célestes, ni de la recommandation des puissants. La porte d’accès est étroite parce que les invités sont priés d’entrer sans « bagage ».  Il leur suffit d’être des désireux de Dieu et des véritables frères pour les hommes et les femmes de leur temps. Une place à table les attend parce qu’ils sont simples et qu’ils ont faim de justice et de paix.

29 octobre 2014

La porte est étroite car les humains accèdent à Dieu sans bagage. C’est dans sa nudité, sans tous les encombrements de la culture et de la mode, que l’homme devient l’intime de Dieu. Et pourtant l’humanité entière n’existe que dans un contexte culturel qui lui est indispensable pour vivre en société. De plus, son génie invente des manières de réfléchir et d’exister ensemble qui la fait progresser dans une dynamique sans fin. Mais chacun ou chacune décide librement, à sa mesure, dans le dénuement de l’être, de sa réponse à la tendresse de Dieu qui l’invite personnellement. C’est tragique et somptueux.

21 août 2016

Nul ne force la porte du paradis en se recommandant seulement des notables qui tiennent discours sur les places publiques. Il faut se méfier des bateleurs racoleurs. Pour accéder à l’épanouissement total, il faut se débarrasser de toutes les enflures orgueilleuses et accepter de n’être que soi, pauvre, indigent, consciencieux et de « bonne volonté ». Ceux et celles qui vivent sur terre, dans les contradictions du temps, le partage, la fraternité, la simplicité portent déjà en eux des graines d’éternité. Elles ne peuvent que devenir fleurs et bouquets qui ne se faneront jamais.

26 octobre 2016

Sans illusion, Jésus dit qu’il arrive au terme. Mais, jour après jour, il ira jusqu’au bout de sa montée à Jérusalem qui tue les prophètes et lapide ceux qui lui sont envoyés. La plupart du temps, l’institution, pourtant nécessaire, se crispe sur le passé et ne veut ni voir, ni entendre. Elle se nourrit de contradictions. Tantôt elle exulte et, sitôt après, elle hue, condamne et tue. Jésus dépasse sa peur. Il va jusqu’au bout de son amour. C’est là le rendez-de la Résurrection.

31 octobre 2018

« La porte étroite ». Je crois que la ‘porte étroite’, c’est la mort de chacun. Nul ne meurt en emportant son avoir. Il part avec seulement son être. Comme il est né nu, il meurt nu. La mort est une sorte d’accouchement dans l’éternité. Comme dans tout accouchement, il faut se frayer un chemin vers la Vie. Le passage est étroit et ne va pas sans douleur. La mort est pour tous, sans exception, une nouvelle naissance dans une manière d’être, personnelle et nouvelle, seulement soupçonnée dans la foi. La foule des Ressuscités, Christ en tête, accueille tous les humains, sans exception, dans une participation à la relation trinitaire. Heureuse contemplation !

25 août 2019

Le Christ est la ‘porte ouverte’. Mais elle est étroite, c’est dire qu’elle est réservée aux voyageurs sans bagage. Les pèlerins de l’absolu sont des pauvres qui ont accès à la maison fondée sur le Roc. Ils rentrent chez eux. « Venez-les bénis de mon Père ! » Les riches qui ont des gros souliers ou d’énormes bagages sont priés et de se déchausser et d’abandonner malles et valises pour pouvoir pénétrer eux aussi dans l’intimité de Dieu. Ils y parviennent car ils sont aussi attendus. La compassion miséricordieuse de Dieu leur sourit. Sur terre, ils ont assez soufferts du fait de l’argent qu’ils possédaient et qui les possédait.

30 octobre 2019

Dire que la porte d’entrée dans le Royaume est étroite veut sans doute faire comprendre que l’on y pénètre chacun qu’avec le « passe port » du choix et de la liberté. Rien n’est automatique et l’accès n’est pas régulé par un tourniquet. Tous ceux qui le désirent et le demandent sont accueillis avec joie. Il n’y a pas d’examen de passage. A tous, la réussite est assurée. La Trinité s’incarnant en Jésus sauve la création entière et toute l’humanité de tous les temps. Il suffit de vouloir être honnête, juste, simple et aimant pour de vrai.

37 octobre 2021

On entre dans la Résurrection sans bagage. On est comblé et on n’a besoin de rien. Le courant d’amour trinitaire suffira largement à notre bonheur. A moins que nous refusions librement et obstinément de participer à l’altérité joyeuse et totale, il n’y a pas d’exclus. Je crois la Résurrection comme un « Oui » éternel à la communion. Je n’en sais rien, mais j’espère et tente de me préparer, dans le temps, à l’Éternité.