Luc 13, 18-21

30 octobre 2012

Le Levain ? Un « presque rien »  immangeable, acide, mais plein d’énergie. Mêlé à la farine nouvelle du blé moulu (don de la moisson actuelle), à l’eau claire (baptême), au sel (la foi qui chasse la fadeur), il fait lever tout une pâte qui, passée au feu de la charité, devient pain de la convivialité.

29 octobre 2013

Le levain produit son « office » en « s’effaçant » dans la pâte. Il ne reste pas à part. Il se communique, se répand et le « petit peu » devient l’ensemble. Quand la plante de moutarde a produit fleur et fruit, qui retrouvera dans le sol la « graine » jetée en terre par le semeur ? La grandeur d’une semence, c’est d’engendrer une récolte qui servira à beaucoup. Les baptisés trouvent leur joie à s’effacer pour que la multitude profite de leur part de dynamisme, de floraison et de fruit. Leur but n’est pas de « réussir » pour eux-mêmes.

27 octobre 2015

Un presque rien baigné d’amour et offert dans la dynamique du Règne de Dieu prend une importance capitale et devient une force de croissance pour la création entière et spécialement pour les humain. Ce presque rien, ce petit peu (grain de moutarde ou levain),  jeté en terre ou mêlé à la pâte humaine par quelqu’un plein d’amour et d’humilité, devient un bien immense à la disposition de tous les habitants du monde, qu’ils soient moineaux ou personnes humaines.

25 octobre 2016

Jésus propose deux paraboles. L’une et l’autre mettent en valeur le « presque rien » dont la présence enfouie produit le développement de l’Espérance qu’il porte en lui. J’aime particulièrement celle où le Christ évoque le levain.

Le levain se perd dans la pâte. Il devient invisible. Nul ne peut dire s’il est ici ou là. Il est tellement mêlée à la farine, au sel et à l’eau qu’il disparait. Mais il communique toute sa force et le boulanger n’a plus qu’à passer ce qu’il a pétri à l’ardeur de la cuisson pour devenir nourriture que tous les passants peuvent acquérir à un prix modeste.

31 octobre 2017

Une femme avisée a pris la quantité de levain nécessaire pour l’enfouir dans trois mesures de farine. Ni plus, ni moins, elle a discerné ce qu’il fallait de levain, c’est-à-dire de la pâte fermentée des jours précédents pour que, se mêlant à la farine du jour au point de se confondre avec elle, le pain quotidien ne soit pas cafi mais appétissant et véritablement aéré. En toutes circonstances, il faut garder la juste et humble proportion.

30 octobre 2018

« Le règne de Dieu est vivant ». Il n’est ni une « chose » fixe, ni Dieu lui-même dans son Eternité. Le Règne de Dieu est en Jésus-Christ, relation de l’homme temporel avec Dieu : l’Infinie Bonté Eternelle. Jésus est venu chez nous les humains ; il a, dans la perfection, assumé la finitude du temps. Dans sa Résurrection bienheureuse, je crois qu’il n’a pas perdu sa solidarité avec les humains de tous les temps. Dans son penchement de Dieu pour nous, il est l’Aujourd’hui Trinitaire. En Lui, nous sommes en croissance permanente. La foi joint notre imperfection à sa gloire. En Lui, l’humanité est en perpétuel devenir. En Lui, le Temps devient, depuis toujours et sans cesse, Eternité. C’est peut-être ce que veut nous faire comprendre la parabole du grain de moutarde. Ce n’est qu’une relecture !

29 octobre 2019

Le règne de Dieu n’est pas ici ou là, comme ceci ou comme cela. Il n’a ni frontière, ni douanier. Pas de percepteur pour prélever l’impôt, pas de gendarme pour faire respecter la loi. Dans le langage humain, on ne peut pas le définir. On ne peut en parler qu’en utilisant des paraboles qui suggèrent et demandent réflexion, conscience et désir. C’est un levain qui se disperse et disparaît dans la pâte humaine pour qu’elle lève, n’étouffe pas, la rende comestible, afin de la partager et de lui donner force pour vivre en commun la fraternité, la liberté, l’offrande et la réciprocité.

27 octobre 2020

Un grain de moutarde, du levain, des « presque rien » que Dieu donne et que les humains transforment par leur labeur intelligent. Dans la patience, ils travaillent. Ils domestiquent le temps et en font un allié. Le « Règne de Dieu » (ou la « Providence généreuse, gratuite » ou encore « la Présence bienfaisante et amoureuse ») n’advient sur terre que si les humains et les forces de la création lui prêtent ‘mains fortes’. A mon sens, l’expression « Règne de Dieu » a quelque chose de terrestre et de transcendant.

26 octobre 2021

Le Royaume de Dieu n’est pas une réalité à part ; mêlé en secret à la vie des humains, il est un ferment. Levain, il donne plein épanouissement. Mais, pour cela, il faut oser le pétrir avec le quotidien de tous et de chacun. Dans le Royaume de Dieu, rien n’est automatique. Il faut consentir, prendre l’initiative de l’action, se donner de la peine, compter avec le temps. Dieu nous aime trop pour agir à notre place. Son amour infini nous fait confiance. « Vas-y ! Je suis avec toi ! ».