25 octobre 2012
Christ n’est pas venu apporter une loi que tout le monde doit appliquer sans réfléchir, sans décision personnelle. Jésus nous offre liberté, amour, discernement, choix. La relation devient alors un combat où chacun est appelé à faire triompher service et tendresse. Un feu qui ne fait pas de cendre.
18 août 2013
Ardeur de la foi. La foi est un feu. Elle éclaire, elle consume, elle éclaire, elle réchauffe, elle brûle, elle ravage… Elle porte en elle violence et douceur. La bienveillance, le pardon, la charité qu’elle enracine dans l’offrande des cœurs, lui permet de s’exercer sans être « inquisitoriale ». Pas « lavasse », elle a du caractère et du goût. Elle prend position et ose dire ou affronter des avis contraires. Sa bonté lui permet d’être clairement exposée et vécue. Sa patience fidèle a quelque chose à voir avec Jésus en croix. Elle est conciliation et réconciliation.
24 octobre 2013
En instaurant la liberté, en respectant le discernement, en faisant confiance aux humains faillibles vivant dans un climat culturel relatif, Jésus, le Christ de Dieu, instaure par le fait même la division et les turbulences. L’humanité ne porte pas d’uniforme. Le Dieu que nous aimons n’est pas un dictateur qui donne des « consignes » et « aligne les humains ». Il nous aime au point de supporter nos erreurs, nos oppositions, nos violences, plutôt que de nous contraindre. C’est ce que nous avons compris à partir du mystère de la Croix.
23 octobre 2014
Parce que le Christ a épousé la nature humaine jusqu’au fond du fond, il en a pour ainsi dire grandit au maximum la liberté. Par sa confiance en l’humanité, il en a ouvert la nature jusqu’aux limites qui détruiraient les personnes et la vie sociétale. Par amour de l’humanité, il lui a révélé sa grandeur et lui a confié le pouvoir de la culture, du choix, de la décision, du progrès. La foi, en fléchant les humains vers la Bonne Nouvelle, les a rendus immenses comme l’amour trinitaire. Tout cela est tragique car nous tous pouvons soit en mésuser, soit devenir frères en marche vers l’Eternité… Tragique mais grandissime.
22 octobre 2015
La paix n’est pas un repos et encore moins un assoupissement. La paix est un surgissement de l’être, un accomplissement de la singularité des personnes, un épanouissement des qualités de chacun, pour le bien de tous. Tout cela ne va pas sans un certain affrontement ou un évident ajustement constant entre des personnes différentes qui vivent proches les unes des autres. La paix du Christ est un face-à-face qui appelle à accueillir et à aimer la différence.
14 août 2016
La foi n’est pas une passivité, mais un combat pour faire gagner la relation de douceur et faire reculer l’emportement de l’idéologie ou la superficialité des relations vengeresses. Parfois, il arrive que la religion suscite affrontement et division. Dans ce cas, la structure religieuse, toujours liée à la culture d’une époque, n’est pas allée assez loin ou assez profond dans la foi en la personne du Christ : Incarnation de la Bonté du Père. Je crois que la vraie bonté désarme les humeurs belliqueuses et les rivalités jalouses. Corps du Christ, le baptisé invente chaque jour un comportement de bonté vis-à-vis de lui-même, des autres, de la création entière. Cet exercice d’amour est une ascèse permanente : une lutte désarmée.
20 octobre 2016
L’amour du Christ est une ardeur. Devenir son intime, trouver en lui le feu de sa fraternité universelle, le choisir comme le Chemin qui mène jusqu’à Dieu, partager avec lui la bonté paisible source de pardon et de promotion, est un véritable baptême. Autant que possible, cette proposition de sa part requiert de chacun et de tous, liberté éclairée, volonté soutenue, intelligence inventive, cœur ouvert… Tous ne donneront pas la même réponse au même moment. Alors, il y aura entre les humains dialogue, affrontement, opposition, mais demeurera la paix commune des chercheurs de Vérité. La foi n’est pas passivité et somnolence. Il y a en elle virulence et douceur.
26 octobre 2017
Parce que le Christ est venu apporter sur terre la liberté dans ce qu’elle a de plus grand et de plus respectable, il a aussi apporté la différence et, avec elle, la fraternité. D’après l’Evangile, les choix différents ne suscitent pas la guerre mais le débat et les explications. Chacun est appelé à rendre compte des pourquoi de ses options profondes. Les choix différents ne brouillent violemment les rapports entre les humains que lorsqu’ils sont passionnés, sectaires, non réfléchis. La foi en Dieu ne crée pas d’aventures mortifères. Seules les positions religieuses fanatiques rongent la douceur et la clémence que la bonté de Dieu donne à chacun. Que de conflits cesseraient si l’on contemplait ensemble la mansuétude divine, source de la paix !
25 octobre 2018
« Je suis venu mettre la division ». La Parole de Dieu est un feu : il éclaire, il brûle, il consume. Ce feu ardent ne s’impose pas. Dieu propose la Parole incandescente. Offerte gratuitement à tous, chacun ou chacune peut, selon sa liberté, recevoir la Parole de Dieu ou la refuser. Mais elle crée une différence. Même si la laïcité engendre une profonde solidarité humaine à partir des valeurs, la foi, elle, vécue dans la complexité des jours, suscite une sorte d’altérité qui n’est pas une « opposition », mais elle demandera constamment aux frères humains de s’expliquer entre eux de leurs différences. Ce sera la guerre si chacun croit posséder l’entière Vérité. Sans l’humilité bienfaisante et respectueuse, la lutte deviendra « inquisition ».
18 août 2019
Jésus est venu apporter la paix, mais celle que la liberté engendre. Il n’aime, ni l’esclavage, ni la soumission aveugle qui, pour avoir la paix, s’entortille dans des règlements. Au Royaume des Cieux sont invités ceux et celles qui ont du caractère, prennent position et se situent selon leur intelligence, leur culture et leur cœur, au risque du conflit avec leur famille et leurs voisins qui ne pensent, ni n’agissent comme eux. Les divisions sont normales dans la vie humaine. Le respect des consciences l’est encore plus. La joie, la fête, la paix, supposent l’amour de la liberté pour tous.
24 octobre 2019
La paix que le Christ nous apporte n’a rien à voir avec la somnolence vaseuse d’un marécage. C’est à un « torrent » que nous puisons l’eau qui nous tient réveillés, vaillants et lucides. Nous demeurons sur la brèche et nous affrontons avec douceur les heurs qui ne manqueront de surgir à cause des différents points de vue de nos proches. Les heurs ne sont ni conflits, ni guerre, si nous les accueillons avec un réalisme paisible
22 octobre 2020
Jésus est libération. Son incarnation ouvre et réanime un nouveau courant de liberté, inauguré jadis par Moïse, les Rois, les Sages et les Prophètes, pour chacune des consciences qui veulent s’affirmer en choisissant leur comportement. L’amour n’existe que dans la liberté. C’est un feu qui brûle, éclaire et divise. Chacun, chacune, réfléchit, consulte, prend position, se situe dans sa vérité et respecte le choix des autres : l’amour dialogue, délibère et respecte. L’amour prend son temps ; sa montre n’est pas toujours à l’Heure juste, mais elle peut se régler.
21 octobre 2021
La liberté des personnes sans le respect d’autrui et de ses engagements entraîne souvent des oppositions rageuses. Plus les convictions de chacun et de chacune sont profondes et fortes, plus des conflits risquent de naître. La liberté n’est pas l’individualisme renforcé par la certitude de posséder la vérité, d’avoir raison en tout point et de vouloir convaincre par tous les moyens. La liberté a besoin de s’exercer dans un climat d’amour délicat, de recherche permanente, d’écoute attentive et de bienveillance réciproque. Dans ces versets, on entend Jésus nous dire : « Soyez accueillants. L’autre, même s’il ne pense pas comme vous, est toujours une richesse surprenante ».
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