Luc 6, 39-42

13 septembre 2013

Chaque « guide » n’est pas toujours clairvoyant. Il ou elle est faillible, mais au moins il ou elle le sait et, par prudence, il ou elle devient humble, autant que faire se peut. Il ou elle propose. Il ou elle n’impose que des « choses » qui ne peuvent nuire, ni à court terme, ni à long terme. Il ou elle vit dans la foi, pratique l’oraison et les sacrements de l’Eglise, se nourrit d’Ecriture Sainte, appartient à une communauté ecclésiale confessante, se fortifie d’accueil, d’offrande, de réciprocité, d’humble réalisme patient, aime son temps. Malgré tout, il ou elle n’est ni magicien ni gourou, mais un frère ou une sœur qui est heureux d’être baptisé : ‘pauvre’ serviteur ou servante, « disponible» et libre.

12 septembre 2014

Ce qui arrache les collègues, les frères, les sœurs, les amis et tous ceux et celles qui sont proches, à leurs errements, à leurs défauts, à leurs aigreurs, ce ne sont ni les paroles acides, ni les remarques excédées, mais la bonté simple et constante. L’autre, dans son péché, m’invite d’abord à ma propre conversion ; il m’appelle à examiner ma vie, à la rendre compatible avec l’Evangile. Ce n’est que, dans la douceur et la paix, que je pourrai lui dire les paroles fraternelles qui guérissent les comportements.

11 septembre 2015

Oser faire en soi, la vérité qui progressivement grignote le mensonge est une détermination de longue haleine. Souvent, c’est un parcours périlleux qui ne se supporte que dans la prière et dans la douceur de l’honnêteté. Si on s’engage résolument dans ce chemin de purification intérieure, alors  la lumière se fait progressivement en soi et, dans la tendresse, on peut s’approcher avec délicatesse de son frère et de sa sœur pour l’aider à enlever la poussière qui gène sa vision sur Dieu, les humains, le monde. Conversion réciproque, cadeau de la Bonté de Dieu, édification de la vie communautaire.

9 septembre 2016

La miséricorde de Dieu ne tarit jamais. Elle est profonde car elle emprunte à la nappe phréatique infinie de la bonté. La miséricorde de Dieu est abondante. Depuis toujours, elle déborde de l’amour insondable. Elle est disponible pour irriguer chaque personne et leur donner gratuitement leur accomplissement plein et entier. Elle est toujours présente, prête à agir, et non seulement à pardonner, mais à promouvoir. Respectueuse de la liberté, elle se propose et ne s’impose pas. Hors du temps, elle le respecte et ne va pas plus vite que chaque personne. En ce sens, on pourrait dire que la miséricorde de Dieu s’adapte aux humains, s’offre à eux et les invite à son courant d’amour. Elle en fait ses associés s’ils le désirent.

13 septembre 2019

Le souci spirituel des autres oblige les baptisés chrétiens à la conversion lucide. Ils veillent à ne jamais demander à un frère ou une sœur un effort dans la foi, sans jamais avoir entrepris de le vivre eux-mêmes. C’est une question de loyauté et d’honnêteté : ne pas mettre sur le dos d’autrui un fardeau que l’on refuse de porter soi-même. C’est d’ailleurs pour cela que le dialogue spirituel véridique est une source de conversion pour chacun des deux…

11 septembre 2020

Nul ne peut se dispenser d’un guide s’il désire vivre au large. Apprendre à discerner suppose en effet de former sa conscience à la pertinence et au jugement de valeur. Tout ne se vaut pas. Le juste et l’injuste ne cohabitent pas. Il faut savoir arracher, planter, laisser pousser dans la patience. Un guide apporte un profond secours, mais il est important de le bien choisir : sa liberté nourrira la confiance réciproque. Il apprend à marcher. Il n’endoctrine pas. Il suggère.

10 septembre 2021

La vie de tous les jours nous place souvent dans des contradictions intérieures inquiétantes. Alors que pour bien des raisons nous en sommes incapables, nous nous croyons appelés à aider les autres sur tel ou tel point. Ainsi, nous pouvons nuire quand nous désirons servir, ce qui risque de nous entraîner ensemble dans de fâcheuses situations. Cette tendance nous convoque à discerner en vérité et humilité nos capacités. Ne soyons pas des « aveugles » de l’entraide ! Ce n’est pas parce que nous en avons envie, que notre démarche est salutaire. Agir pour le véritable épanouissement d’autrui, réclame formation, modestie, engagement dans la durée, très souvent renoncement, toujours beaucoup d’amour.