Luc 6, 36-38

25 février 2013

Chacun porte en lui un trésor, fruit du don de Dieu et de l’histoire humaine. Ce trésor, chacun s’efforce de l’accueillir, de le bien gérer, de le partager. Le baptisé, fils ou fille de Dieu au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, Corps du Christ dans la foi, croit que ce qu’il est, appartient à tous. Uni à Jésus, il vit de communion. Plus il donne, plus il se renouvelle, plus il reçoit et devient lui-même.

17 mars 2014

Je crois que donner consiste à entrer dans un processus de réciprocité. Il est certain que l’on ne donne que ce que l’on a reçu et que l’on a fait sien en l’assimilant. Mais je crois aussi que l’on donne ce que l’on désire de tout cœur et que l’on cherche toujours et encore avec celui ou celle que l’on aime, parce qu’il ou qu’elle est notre frère ou sœur en humanité. Chacun tout seul est « insuffisant ». Il ne s’approche de la plénitude que par le don désintéressé qu’il fait de lui-même, comme le Christ s’est offert pour tous. La miséricorde s’apparente à cette démarche qui trouve sa source dans la douceur et la bonté du cœur.

2 mars 2015

Dans la miséricorde, la bonté, le don, le pardon, il n’y a pas de mesure. Dans le cœur du baptisé coule la Source de la miséricorde, de la bonté, du don et du pardon. La foi lui permet de reconnaître qu’il n’est pas un privilégié égoïste, mais un témoin imprégné de la culture de son temps. Par grâce, il devient signe et invitation pour tous les hommes et les femmes dont il se fait proche.

13 mars 2017

A priori pas, de jugement et encore moins de condamnation. Il est bon de se faire un avis sur les personnes que la vie nous offre de rencontrer. Un avis n’est pas péremptoire. Il porte une part d’ombre plus ou moins grande. C’est une impression superficielle qu’il faut bien se garder de transformer en jugement. C’est un accueil bienveillant qu’il faudra vérifier par une relation persévérante et claire. Tout cela demande simplicité, délicatesse et attention. Un jour, l’autre ou les autres deviendront peut-être des « amis » avec des projets communs et des actions concertées, mais là, c’est une affaire de temps, de discernements, de liberté, de paroles, de réciprocité, de marche commune. Les apôtres n’étaient pas des parfaits. Ils sont devenus des amis imparfaits, mais de vrais amis.

26 février 2018

« La bonne et démesurée mesure ». Entrer dans le mystère miséricordieux de Dieu est une invitation à chacun et à tous les humains. Entrer dans la démesure. Aimer les autres comme on est aimé soi-même. Pardonner aux autres, comme on est soi-même pardonné. S’avancer jusque dans la bonté éveillée et bienveillante de Dieu. Oser se laisser emporter par l’attention que Dieu porte à chacun afin d’entrer, jour après jour, dans la relation heureuse et réciproque de la vie collective. Le Seigneur invite au moins chaque baptisé et sans doute tous les humains à ne faire qu’un, tout en suscitant différence et communion. La miséricorde est douceur du cœur. Elle n’a pas de frontière et donne à chacun la possibilité d’acquérir toute son amplitude.

9 mars 2020

La miséricorde conduit au vrai pardon. La miséricorde est un sentiment guilleret et profond. Elle a le sourire aux lèvres, la charité au bout des doigts, l’élan bienveillant, l’affection réparatrice des blessures et la fidélité toujours en éveil. Elle trouve son apogée dans le pardon qui est un don total à celui ou celle qui s’est égaré dans les méandres de la vie humaine. « C’est pardonné, n’en parlons plus » est une expression archi-fausse. Au contraire, le cas échéant, « parlons-en » comme d’un triomphe de l’amour, comme du signe du « don total ».

1er mars 2021

Plus on s’attache à accueillir l’amour que Dieu porte à chacun et à tous, plus on découvre l’essentiel dans les pratiques religieuses. Le discernement du baptisé-confessant s’approfondit, voire se purifie. Il aime avec l’intelligence, avec la délicatesse du cœur ; il choisit les attitudes qui semblent les plus authentiques pour vivre corporellement, sur terre, tout ce qui semble rapprocher du don de Dieu et des comportements communautaires de la foi. Les prescriptions des religions furent probablement de ‘vraies’ pratiques pour leur temps, mais le Christ ouvre un chemin encore plus intime aux marcheurs de l’Évangile. En lui, l’amour de son Père et l’amour des humains ne font qu’un !