Jérémie 7, 1-11

« Parole du Seigneur adressée à Jérémie :‘ Cette Maison qui porte mon nom est-elle donc pour vous une caverne de bandits ? Quant à moi c’est ainsi que je la vois’ »

Tous, nous sommes fragiles. Aucun d’entre nous n’est certain de sa persévérance dans l’amour et la foi. Il la désire et en prend soin.

Il l’accueille de Dieu chaque jour en rendant son cœur disponible à la patiente bonté du Seigneur.

Il l’espère, la souhaite, mais se sait vulnérable et capable de trahison.

Il se peut aussi que dans la « maison de Dieu » ne règne plus ni la justice ni la paix et que les habitués de la grâce désertent et que les bons fassent place aux pires… Alors, elle n’est plus la maison de Dieu mais un musée désolé ou une « caverne de bandits ».

Nous sommes tous les « gardiens » de la Maison de Dieu sur terre :

« Gardiens » de la maison de Dieu, nous n’avons pas seulement à la rafistoler et à lui donner une façade agréable. Nous avons à l’aménager intérieurement pour que chaque arrivant se trouve à l‘aise, au large, soit chez lui en étant chez Dieu.

Ce sont des frères et des sœurs qui habitent la maison de Dieu. Ils n’en sont pas propriétaires, mais usufruitiers. Ils ont pour mission de faire régner douceur, tendresse, compréhension mutuelle, amour du temps présent.

Ils parlent entre eux la langue de tout le monde.

Chaque jour, ils s’exhortent entre eux à vivre l’Aujourd’hui.

L’accueil des étrangers qui viennent habiter avec eux, apportent aussi le grand vent de la différence. Sur la porte, un écriteau en toutes langues : « Bienvenue à tous ! Vous êtes chez vous ! »

Ici, tous coopèrent.

Il se peut aussi que nous soyons chacun et ensemble la « Maison de Dieu » et que nous ayons à nous gérer nous-mêmes. A ce titre aussi, nous sommes des « gardiens », mais nous n’avons pas alors à veiller sur un enclos mais sur une manière d’être sans frontière.

Les murs sont en amour. Le toit, c’est la paix, le sol la justice. L’air ambiant est composé de patience, de miséricorde, de compréhension… Il fait bon respirer ! Pas étonnant ! Cette Maison est le Temple du Christ des Evangiles.

En fait, ces gardiens ne gardent rien. Ils vivent du Christ ressuscité. Chaque moment, ils renaissent à la vie avec lui – du moins, ils le souhaitent – et s’efforcent tant bien que mal d’affiner leurs pratiques à leurs désirs. La personne du Christ qui vit en chacun et entre eux est leur ami. Ils souhaitent que beaucoup puissent le devenir car, pour eux, c’est un vrai bonheur.

Jérémie

28 juillet 2012