Tendre

Je fais une découverte. Pour la première fois, je remarque que tendre, ce mot de six lettres, est à la fois un verbe et un adjectif qualificatif. Ambiguïté ! Elle exprime la complexité humaine qui ne se comprend avec netteté que par les autres mots qui font société avec lui :

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les humains sont sous tension ou en tentative. Ils n’existent peut-être que sous cette forme d’incomplétude. Ils sont sans cesse en devenir. ‘Ils vont vers’, avec tendresse. Ce sont des pèlerins de l’amour et de la liberté. Ils se déplacent pour vivre. La mort les fige, la Résurrection les accomplit. Ils sont arrivés à la complétude, plus épanouis que jamais ils ne le furent sur terre.

Avant d’écrire ces lignes, je n’avais pas pris cette conscience aiguë. Maintenant reste à la vivre dans le temps les « déplacement et douceur » du grand âge. Ce n’est pas quand il ne reste que quelques brasses à faire qu’il faut baisser les bras.