Dans mon enfance et mon adolescence, le verbe ‘reculer’ n’avait pas bonne presse. Il était synonyme de couardise ou de fuite devant l’ennemi ou les difficultés. Nous étions éduqués dans la bravoure ; les livres que nous lisions achevaient de nous donner le bon exemple. Il fallait toujours avancer, être courageux, ne pas sombrer dans les honteuse reculades de nos omissions paresseuses. Le « toujours prêt » résonnait comme un héroïsme conquérant.
Depuis, la vie et sans doute la littérature et la science nous ouvrent à d’autres perspectives. Il ne s’agit pas d’être ‘peureux’, mais d’ajuster l’existence humaine au comportement quotidien où, souvent, « il faut prendre du recul pour mieux sauter ».
Le courage semble épousseter nos ardeurs juvéniles pour accorder la sagesse à la vie journalière :
Il ne s’agit ni d’être trop réservé, ni trop lent pour l’action. Il s’agit d’être honnête et de ne pas tout gâcher par un empressement débordant et mal adapté. Il faut quelquefois différer son action et laisser mûrir avant l’intervention. Attendre et reculer sont souvent cousins germains.
En rédigeant mon papier d’aujourd’hui, j’ai mieux compris que, sauf exception, il est préférable de jumeler espace et temps. C’est plus vrai parce que plus humain.
10 mars 2021
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