Toute leur vie, les humains s’affrontent au temps et à l’espace. Ils les aménagent et tentent d’en conjurer les effets agressifs en les conjuguant au verbe « patienter » dont ils s’efforcent de vivre la spiritualité. Tout au long de leur existence terrestre, les hommes et les femmes traversent des âges où leur « patience » change de forme. Ils ‘jouent’ avec elle. Parfois, ils ont l’impression de gagner, mais ils n’en triomphent jamais jusqu’à l’heure de leur mort.
Le grand âge n’est pas un ‘jeu de patience’ mais un temps d’épreuve où patienter occupe les jours et les nuits. Il faut toujours attendre ce que d’autres (souvent professionnels) doivent aider à accomplir. Leur retard cloue dans l’impatience et tout bouillonne comme dans une ‘cocotte minute’. Le patient-impatient connaît une sorte de détresse souvent injustifiée, mais toujours douloureuse.
Les tempéraments ne sont pas tous les mêmes. Ceux et celles qui ont traversé une vie trépidante, souvent avec efficacité et réussite, doivent éponger dans leurs dernières années une angoisse qu’ils ne maîtrisent pas. Ils « triment » !
Je désire énumérer quelques verbes pour étoffer mon propos. Je cite : languir, morfondre, exaspérer, crisper, énerver, agacer, guetter. C’est une valse de verbes qui hante l’impatient.
Patienter est un verbe douloureux. Son étymologie, grecque ou latine, le situe dans une zone de souffrance. Il exprime un combat silencieux mais réel. Il ne s’ajuste pas au bavardage. Il trouve sa grandeur dans le mutisme de l’ultime attitude : Jesus autem tacebat.
29 mars 2021
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