Parmi mes nombreux amis, beaucoup aiment marcher. A plusieurs, ils font de longs parcours ou de simples promenades. Mais ils marchent tantôt en parlant, tantôt en silence, voire en méditation heureuse. Le grand air les « élargit et les approfondit ». Parmi eux et parmi elles, certains et certaines cheminent, c’est-à-dire décident d’aller ‘loin’, encore plus loin. Ils préparent longuement un « départ », véritable aventure spirituelle. « Ils vont » vers Compostelle, Assise, Sienne, Rome ou Chalais, Taulignan, Tamié. Cela dépend de leur force et de leur spiritualité. L’important pour eux et pour elles est de prendre le temps d’aller, démunis, vers une « rencontre » qui les renouvelle et les fonde.
Dans la lenteur, pas à pas, ils avancent vers ; rien ne les déroutera. Ils ont choisi un Chemin, ils ont choisi une pérégrination sur le Chemin qui conduit au Père. Alors, ils vont et sont ‘disponibles’ pour traverser les difficultés qu’ils pourront rencontrer, un jour ou l’autre.
Ils ‘gestuent’ dans leur corps un appétit de Dieu. Ils ne veulent pas avancer orgueilleusement, mais avec l’humilité du pèlerin-mendiant. Ils sont prêts à tendre la main et à être rabroués ou accueillis : ce sont les joies et les peines de la vie ordinaire.
Peut-être rencontreront-ils d’autres marcheurs de l’infini ? Ils ne se connaissent pas, mais se reconnaissent frères et sœurs. Ils peuvent parler, s’écouter, prier.
Un temps bref de réconfort. « D’autres comme moi ont ce même désir. Ils ne me distraient pas ; à mon retour, je me souviendrai de leur message occasionnel pour faire Église avec des proches ».
L’imprévu fait partie du Chemin. Tout se met à parler et invite à une réflexion évangélique qui commence à germer. On en prend notes pour ne pas oublier les essentiels et les mettre en œuvres. Dans le fond, la vie dans la ville ou le village est du même ordre que l’enseignement qu’a donné le Chemin.
Tout se tient et ne fait qu’un.
3 mars 2021
Article précédent
Discuter
Article suivant
Convaincre