En commençant mes lignes du matin sur le verbe bricoler, je m’aperçois que je ne réserve pratiquement le terme de ‘bricoleurs’ qu’à des hommes. Sans doute parce que les femmes ne bricolent pas. Elles sont toujours sur le pont et font heureusement naviguer la maison. Leurs loisirs relèvent de la « babiole » et non de la « bricole-du-bricolage » dont je désire parler aujourd’hui.
A ma grande stupeur personnelle, j’applique le verbe bricoler principalement à des hommes à la retraite. Ayant cessé leur travail professionnel, ils aiment occuper leurs mains, leur intelligence, leur réflexion, leur perspicacité pour produire du ‘gratuit’ qu’ils offrent à leur maison ou à des amis de passage. A moins qu’ils ne réparent de « l’usuel-détraqué » ou veuillent rajouter à la beauté de leur logis ou de leur jardin, leurs points d’application sont multiples. Ils désirent être bienfaisants, en s’occupant.
Bricoler est un passe-temps généreux et avisé. Toutefois, il peut tenir une place si importante qu’il conduira à négliger la dimension intellectuelle de la lecture et de l’écriture, voire du bénévolat social.
Le bricoleur ne déserte jamais complètement son atelier. Quand il a achevé un chantier, un autre survient, le mobilise et change sa perspective. Il va et il vient en s’attachant plus à ceci qu’à cela. Il ne se sent pas tenu par une obligation qui lui fait oublier d’autres tâches essentielles : l’art d’être grand-père, de la promenade et de la fête.
A moins d’un dérapage toujours possible, bricoler demeure la fête du temps libre. Les bricolages restent importants mais secondaires. Ils peuvent céder la place à des occupations jugées prioritaires. Il faut de temps en temps se pencher sur son emploi du temps et le ré-estimer face à l’amour.
7 mars 2021
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