Prêcher est une prise de parole devant une assemblée religieuse en vue de l’inciter à mieux comprendre les textes du mystère de la foi et à en vivre. Depuis peu, on lui préfère le terme homélie, ce qui, à ce que je pense, voulait dire : « simples et courts propos au cours d’une action liturgique ». Ni un catéchisme, ni une leçon de morale, ni la répétition de la lecture d’un texte sacré, cela doit être quelques mots qui donnent faim à chacun de se nourrir de spiritualité, de force et de courage.
Le prédicateur n’est pas un « enseignant » qui a appris à expliciter ce que l’on peut dire et comprendre d’un vaste sujet. Ce n’est qu’un homme ou une femme qui résume devant d’autres ce qu’il porte dans son cœur comme une approche originale de sa propre méditation.
La prédication est à la fois un partage et une force qui circule dans les heures et les jours suivants.
Ce n’est pas le célébrant qui parle forcément ; il peut fort bien inviter tel ou telle à s’exprimer à sa place, devant l’auditoire qui, comme le mot l’indique, tend l’oreille pour entendre ce qu’il n’a encore jamais entendu ou pour parcourir lui-même la piste ouverte par le prédicateur ou la prédicatrice.
La brièveté, la prononciation et la profondeur du propos en font la qualité. Rien de pire que des phrases creuses débitées sur un ton monocorde.
On a souvent plus envie de crier : « Arrête, on en a assez ! » que de se lever pour « demander encore !»
Si par malheur le prédicateur est tombé dans une spiritualité éthérée qui ne correspond ni à notre culture ni à notre temps, il est certain qu’il sera improductif. La rage révérende ou la somnolence de l’assemblée le sauve du lynchage.
Les études, le travail, la volonté de bien faire ne garantissent pas la réussite, il faut encore la simplicité et l’humilité du propos : ce sont les deux garanties qui entraînent l’adhésion et l’envie de crier bravo.
23 décembre 2020
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