La piété

Je me mets en chantier sur une réflexion difficile et très personnelle.

Il y a plusieurs sortes de piété : La piété filiale, la piété patriotique, la piété religieuse et sans doute bien d’autres encore. Il s’agit d’un sentiment mêlé d’admiration profonde, de reconnaissance, d’imploration à te ressembler, à te montrer par des actes, mon attachement. « Toi qui es « au-dessus de moi », que je vénère, prends pitié de moi ; ma bonne volonté t’est acquise. Je parlerai de toi pour te faire aimer et respecter. »

Je pense que chacun des humains passe par cette attitude de piété ; elle me semble comme un éveil à l’humilité : « j’ai besoin de toi pour grandir, ta mansuétude suscitera mon respect et ma gratitude, je désire t’imiter parce que pour moi tu es un modèle, aide-moi ! »

Aujourd’hui je désire considérer seulement la piété religieuse. Elle est un chemin plus ou moins long, on pourrait dire une voie d’initiation, un temps obligatoire pour avancer dans la foi et le doute. Si elle ne chemine plus et n’est pas qu’une étape, elle risque de devenir bigoterie. Elle perd alors son dynamisme pour se noyer dans des pratiques, un ritualisme qui obscurcissent l’horizon, elle risque le conformisme et le renfermement sur soi.

La piété est un « moment » de la vie chrétienne. La foi  dit merci à la piété et garde certains de ses éléments. La foi, don du Dieu Trinitaire, l’oriente vers  d’autres attitudes intimes, difficiles, propres, à chaque personne libre et aimante.

La foi est un combat (pas une habitude) avec Dieu comme Jacob au gué du Yabboq. La foi est une entrée dans la nuée où Dieu est à la fois Présence et Absence. Elle entend sa voix qui est celle du Verbe des Évangiles. Avec sa propre culture, chacun et chacune méditent et interprètent. Ils demandent à leurs frères et sœurs dans la foi leurs découvertes. Ils cherchent ensemble la Parole Vivante. Dans la communion bienveillante, chacun chemine modestement selon l’Esprit, toujours prêt à reconnaître ses erreurs et à « choisir » du plus vrai. Sa conversion permanente et sa communion effective avec son Église corrigent ses faux pas et donnent vigueur à sa marche.

La Résurrection, au moment de sa mort est un repos et une félicité. Il repose en paix, il avait choisi la liberté.