Institutionnaliser

Sur terre pour durer « il faut fonder » c’est-à-dire prévoir des fondations simples et « profondes ». Autrement les meilleurs projets s’effilochent et tombent en désuétude. Il faut oser institutionnaliser pour s’enraciner dans la terre féconde. Il faut bouturer, planter et recueillir les fruits quand ils ont mûri au soleil-levant.

Les premiers apôtres de Jésus avaient compris cette obligation et ils s’appliquèrent à fonder des petites communautés qui se réunissaient régulièrement, parlaient et priaient en commun. Les membres  mangeaient ensemble, se souvenaient du dernier repas de Jésus. Ils faisaient mémoire. Les structures étaient souples et fragiles. Les uns et les autres recevaient des lettres et en tiraient les conséquences et répondaient. Ce sont de ces petites communautés que sont nés les quatre Évangiles et tous les écrits du Nouveau Testament.

Pendant cent ou deux cents ans, les choses marchèrent ainsi et puis vint le démon de l’organisation lourde et onéreuse c’est-à-dire de plus en plus lourde à porter, à gérer. Les papes et les évêques devinrent des princes. Beaucoup mélangèrent foi, religion et politiques politiciennes et goût du pouvoir. Les querelles entre les empereurs et les différents papes en sont l’horrible exemple. Heureusement se créèrent des ordres de religieux et de religieuses. Certains sont en train de mourir infestés de la même contagion.

Ce n’est qu’au 19° siècle que les papes renoncèrent à être roi de Rome mais restèrent chef d’État avec titres et prérogatives de portée internationale. Ce qui est encore en 2021. Il faudra sans doute beaucoup de temps et de sainteté pour que l’Église catholique retrouve une simplicité première.

Commençons à la base et ne gardons que des personnes responsables, sacrements actifs de communion. Avançons avec sagesse, humilité et prudence évangéliques. Suscitons des petites communautés qui gardent un lien vital avec l’évêque-communion, « habillé selon la coutume du pays ». Elles  raconteront les merveilles de la foi.et s’affûteront au temps présent qui n’est jamais figé.

La ‘Pierre Roulée’ est un de ces « modèles » de structure. Je souhaite qu’elle poursuive sa création de souplesse, profondeur, simplicité, foi en Jésus Ressuscité  semeur de Fraternité humaine, de pardon et d’offrande. Qu’elle apporte sa part d’expérience fraternelle à la laïcité moderne.