Giraud Victor

Brunetière, Paris, Flammarion, 1932, 220 p.

Je viens de lire cet ouvrage d’un style alambiqué comme un peu tous les livres de cette époque faussement savante. J’ai pourtant été heureux de mieux faire connaissance avec Ferdinand Brunetière (1849-1906).

J’ai compris qu’il était jusqu’au fond de lui-même “critique”. Il jugeait toute la littérature qui passait à sa portée. Il succéda à Buloz et fit l’excellence de la revue des “Deux Mondes”. Il écrivait peu lui-même, ne parlait guère plus, caché derrière une apparence bourrue. Il accueillait les auteurs, les conseillait avec bonté. Il savait retenir pour sa revue les écrivains qui lui semblaient les meilleurs. Il lançait de jeunes talents, soulignait les “excellents”, esquissait quelques réflexions philosophiques et morales et glissait parfois jusque dans le domaine religieux.

Avec une prudence de serpent, il se convertit au catholicisme après un voyage au Vatican où il fut très impressionné par Léon XIII. En lui, point d’exubérance, mais une lente soumission de son intelligence à une foi raisonnable, très « Revue des deux Mondes ».

Sa revue s’imposa et devint une référence pour la fin du XIXe et le début du XXe.

Par rapprochement, j’ai perçu ce que pouvaient être et demeurent encore les « Etudes ». Produire huit à dix fois par an un cahier de deux cents pages environ est une gageure, surtout si l’on prétend intéresser un large public. Merci, messieurs les critiques ! Vous guidez nos yeux, éclairez nos choix, facilitez nos lectures !

Notices bibliographiques

16 novembre 2004