La mort de Charles de Foucauld, Editions Karthala, 2000, 352 p.
Il y a quelques semaines, j’avais lu un autre livre d’Antoine Chatelard qui racontait le chemin original de Charles de Foucauld vers Tamanrasset. Cette biographie m’avait émerveillé. Elle donnait envie de cheminer avec Charles au milieu de ses contradictions et de ses illusions. Elle ouvrait un chemin.
Tandis que ce livre sur « la mort de Charles » est un récit historique, documenté, émaillé de citations, étayé par la correspondance foisonnante que Charles entretenait avec sa famille, ses amis, ses supérieurs, ses camarades de l’armée.
Il faudrait connaître l’arabe pour retenir les noms des personnes citées. Il faudrait aussi avoir une vue claire sur les hommes du désert, les autochtones et les soldats de la République. Il faudrait encore situer l’Afrique au sein du conflit qui, en Europe, oppose, d’une part, l’Allemagne et, d’autre part, la France et ses alliés.
La mort de Charles apparaît à la fois comme une affaire politique et aussi comme le fruit de l’affolement d’un « gardien ». Le « château » de l’ermite était aussi un dépôt de vivres, d’étoffes et d’armes que les rebelles convoitaient.
Charles de Foucauld meurt comme un ancien soldat, comme un « militant » d’amour mélangeant dans sa vie austère des solidarités contradictoires. Sa mort tragique s’inscrit dans un contexte politico-religieux. Son dénuement, son abnégation, sa prière, sa fraternité, en un mot, sa sainteté, ne le rend pas indemne des ambiguïtés de son temps.
Pour bien comprendre ce livre, il faut une culture saharienne ou prendre le temps de l’acquérir.
30 novembre 2004
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