Bobin Christian

 Le Christ aux coquelicots, Dijon, Editions Lettre Vives, 2002, 64 p.

Ce livre exulte des merveilles d’une foi vive articulée sur une poésie certaine. Un bijou du genre.

Saisi par le Christ, l’auteur tressaille d’allégresse et proclame sa joie de croire et de renaître au mystère du Verbe. On ne peut qu’être « touché » et admirer les chemins de la grâce, la densité de la conversion.

Et pourtant je n’aime pas le style de Christian Bobin. C’est trop. Trop brillant, trop rutilant, trop vibrant, trop lumineux, trop intense. La foi trop exaltée me devient suspecte. Sceptique, je préfère le labeur de croire. J’aime la lumière voilée. Le soleil me tire les yeux et fait une ombre trop tranchée. Je n’aime pas le manichéisme. Je préfère la pauvre indigence grisâtre du brouillard lyonnais de mes jeunes années. La symbolique brumeuse me semble plus évocatrice de la véritable existence humaine.

Notices bibliographiques

30 novembre 2004