22. « Autrement » : risque du choix

Sur terre, à cause du temps inexorable qui, par nature, limite tout, « l’être humain » ne peut que choisir ce qui lui semble prioritaire. Il ne peut pas tout faire, il n’a pas le temps.

Seul Dieu, par principe, s’implique en tout et ne choisit rien.

Il n’a pas de début ni de fin.

Il ne connaît pas la limite du temps.

Il fait tout.

Il sait tout.

Il peut tout.

Il aime et c’est ‘tout’.

L’être humain vit et agit dans la limite du temps.

Il est réaliste (res = chose).

Il choisit.

Il décide.

Il exclut.

Il se contente de.

Il fait pour le mieux.

Il s’utilise au mieux.

Le reste : il laisse tomber avec ou sans regret : « C’est comme ça ! »

« Allez roulez, personne sur les marchepieds » disait le receveur quand le tram de Saint-Cyr était trop plein !

L’être humain s’estime lui-même au plus juste :

Donner son ‘talent’ comme une aumône.

L’être humain ni ne se minimise ni ne s’enfle.

Il vise à tenir sa « juste » place.

Tout débordement l’étouffe.

Toute insuffisance le « rabougrit ».

S’il veut réussir sa vie, il la remplit sans la surcharger. Pondération.

Sa voiture à bras est équilibrée : comme disait Lulu Martin, « elle ne pèse pas à cul ».

Le bateau aux soutes trop pleines se traîne. La voilure trop petite ne capte pas assez le vent. La voile trop grande arrache le mât.

L’être humain, fruit d’un couple, de la société, d’une culture qui le conditionne, n’est pas qu’un individu, sa complexité laisse présager qu’il est multiple.

Il est « relation » avec la nature, avec lui-même, avec les autres.

Il se sait terreux et, s’il vit le baptême, il se « reconnaît » apparenté à Dieu.

Plus l’être humain se sait aimé de Dieu, plus il est modeste. C’est dire qu’il tient toute « sa » place et non pas toute « la » place. La modestie est pleine vérité. Elle est réalité sans plus, ni moins.

Cette vérité simple et intérieure est à la fois lumière pour lui et pour les autres :

L’être humain chante la gloire de Dieu en réalisant à fond, mais sans outrance, le magnifique cadeau que Dieu lui fait en lui confiant dans le temps la libre gérance de sa personnalité. D’une certaine manière, Dieu lui fait comprendre ses pouvoirs sont d’autant plus grands qu’il peut les potentialiser en unissant ses ressources à celles des autres :

Donner sens autrement

24 juillet 2021