5. « Autrement » : les mouvements d’Action catholique « spécialisée »

A Lyon, des collègues prêtres, tant soit peu goguenards ou humoristes, appelaient le 6 avenue Adolphe Max : La Bastille.

A la fin des années cinquante, j’ai fait partie de la farouche équipe sacerdotale qui animait la pastorale « conquérante » de l’Église à Lyon. ACI, ACO, CMR, JOC, JIC, JAC, Action catholique de l’enfance. Il existait entre nous un véritable souffle missionnaire. Nous savions rester à notre place d’aumôniers et avions à cœur de faire jaillir un laïcat chrétien responsable dans les différents « milieux » de la société civile. J’étais là pour représenter l’ACMSS naissante et un peu contestée.

A cette époque furent créés les « Secteurs de la Mission ouvrière ».

Le premier coup de semonce fut Mai 68, mais les mouvements digérèrent assez bien la nouveauté qui grondait dans les rues, les facs et sur les ponts…

La Méthode Boulard donna un regain aux paroisses un tantinet engoncées dans un passé florissant qui commençait à se défleurir. On créa moins de cinémas, de kermesses, de chorales, de troupes théâtrales. Les laïcs trouvèrent une place importante. Le Concile Vatican II entraîna les liturgies à se renouveler. Bref, souffla un vent nouveau.

Quarante ans après, l’ogre paroissial digéra l’Action catholique spécialisée. Puis la crise des vocations presbytérales regroupa les paroisses. L’évolution considérable de la société civile marginalisa la chrétienté.

Il fallait renaître, ce n’était pas simple. Les aumôneries de lycée et de fac avaient fondu, beaucoup parmi les plus jeunes vécurent en couple précoce, les voyages prirent une large place, les philosophies humanistes s’amenuisèrent. La transcendance eut une place réduite dans les réflexions.

C’est un chantier ecclésial à Ciel ouvert qui se met progressivement en place. C’est une chance pour « le petit reste » ; il est appelé à vivre dans un monde courtoisement païen.

Donner sens autrement

11 juin 2021