Je crois que Dieu EST. Il existe. De toujours à toujours.
Sa seule existence me permet de me reconnaître différent de lui.
Je ne suis donc pas Dieu, mais un humain.
Mon altérité vis-à-vis de lui me crée, me situe en humain,
fruit spécifique et original de l’évolution et en évolution,
être sexué, limité et mortel, situé pour un temps dans l’espace.
Intelligent, organisateur, spirituel, ma grandeur est de chercher.
J’ai besoin des autres pour vivre. Je ne me suffis pas à moi-même.
Individu, ma nature me lie aux autres. Nous avons communauté de destin.
L’Univers est sans doute éternel.
Il est vraisemblablement éternellement contingent.
Il a ses lois propres.
Il n’est pas Dieu.
À mon avis, il n’est pas le fruit du dessein intelligent de Dieu.
Partenaire de l’humain, il est le champ de son existence précaire.
Je suis résolument chrétien.
Je crois que Jésus de Nazareth est l’envoyé de Dieu.
Il dit Dieu, nous conduit à Dieu. Il est « pont » entre nous et Lui et entre Lui et nous.
Il nous a appris le secret de Dieu qui est amour total et indéfectible.
Puisqu’il est amour, il est « relation ». Jésus nous le révèle Trinitaire.
Le seul Fait de Jésus que je crois Christ et Verbe de Dieu concrétise pour nous l’amour de Dieu pour l’humanité et nous permet de l’approcher.
Christ est venu sur terre pour prendre soin de nous et nous accompagner jusqu’à l’éternité bienheureuse de Dieu. La prière personnelle me tient au bord de ce mystère. Elle me permet de le « reconnaître » et de douter sereinement.
Des témoins dignes de foi ont apporté jusqu’à moi une Nouvelle bonne et jamais figée. Elle s’articule autour du Mystère de la Résurrection de Jésus. La mort est un « passage » qui débouche en Vie éternelle dans l’intimité de Dieu.
Le fond de la vie humaine est basée sur quitter et accomplir.
Mon insuffisance me pousse à accueillir la part de vérité que tout être humain porte en lui-même. La bienveillance, le respect, la justice, l’accueil d’autrui et de sa culture, sont des chantiers constants pour moi. Le partage d’argent et du temps sous toutes ses formes, que j’appelle volontiers aumône, est une « pratique » qui arrache à l’égoïsme naturel.
Je suis persuadé que la foi qui n’innerve pas les mœurs est bien malade ou même morte.
Pour vivre ma foi, l’approfondir, la proposer au monde, la critiquer, la purifier, j’ai besoin d’une Eglise qui s’adresse à toutes les cultures et s’y enracine d’une manière originale.
Pour exister et tenir son rôle de communion, cette Eglise a besoin d’un minimum d’institutions. Je sais que son péché la pousse à copier les comportements centralisateurs et peu tolérants des politiques qui n’aiment pas la démocratie. Je l’aime quand même, mais j’en souffre beaucoup et désire faire en sorte qu’elle se convertisse à la pauvreté du Christ qui devait emprunter une salle pour faire la Pâque avec ses disciples.
L’Église qui s’incarne dans des communautés de proximité me permet la prière collective, la louange, la célébration des grandes étapes de la vie, l’offrande, la confrontation des points de vue, la sortie de l’égoïsme et de la suffisance, ainsi que le dialogue fraternel avec tous les groupes humains croyants et incroyants.
Pour importante que soit l’Eglise dans sa forme multitudiniste, elle n’est qu’un système illusoire aux mains d’une cléricature sacrée si elle ne repose pas sur des communautés-confessantes qui reçoivent tout de leur Seigneur.
Pour échapper aux risques sectaires des « chapelles », l’Église s’est dotée d’un ministère essentiel : celui de l’évêque. Ce n’est ni un leader, ni un super chrétien, mais un pauvre humain qui a pris à cœur de laisser l’initiative à son peuple et qui vit son difficile ministère de communion en favorisant des expériences et non en gommant toutes les différences.
Plus un chrétien est chrétien, moins il est supérieur ou inférieur aux autres humains. Il est comme tout le monde. Sans honte ni gloire, sans amertume et sans privilège, il vit au cœur des cités comme un citoyen ordinaire de plein exercice. La chose publique et le bien commun, ses obligations professionnelles et ses devoirs familiaux, ses nécessaires loisirs et ses moments de repos, structurent son temps. Sa foi l’oblige à la vie fraternelle et désintéressée. D’autres non croyants font de même mais lui, baptisé, il s’y oblige par amour de son Christ. Il me semble que je crois tout à fait comme avant, mais mes mots et mes concepts pour prononcer ma foi ont changé en même temps que la culture ambiante.
28 janvier 2006
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