6. Dyarchie

En juin, nous allons voter pour choisir nos députés à l’Assemblée Nationale. Nous ne savons pas encore le nom des hommes et des femmes qui vont se présenter à nos suffrages et nous ne pouvons guère dès aujourd’hui nous déterminer par rapport à leur programme respectif.

Mais, dès maintenant, il y une réflexion à faire sur l’avenir de nos institutions républicaines.

En juin, les élections orienteront notre démocratie soit vers un régime présidentiel, soit vers un régime parlementaire. Des urnes sortiront soit une tendance, soit une autre. Si la majorité des députés se situe dans la mouvance du Président, pendant cinq ans se fortifiera un régime présidentiel. Si, par contre, la majorité diffère des options politiques de Jacques Chirac, si s’instaure une cohabitation, c’est le Premier Ministre qui aura la prééminence pendant cinq ans.

Il ne peut plus y avoir une dyarchie à la tête de l’Etat :

En 1962, le général de Gaulle avait désiré une sorte de monarchie républicaine avec une onction sortie des urnes pour sept ans . Le président-roi « provisoire » est sacré en direct par tous les votants.

Il est vrai que la constitution de la 5ème République comporte un article 20 qui donne au Premier Ministre et à son gouvernement la prérogative de mener la politique de la France. Mais, en fait, depuis les premières cohabitations (sous Mitterand), une certaine confusion s’est installée et les cinq dernières années l’ont considérablement augmentée.

Lors du prochain scrutin, les Français choisiront-ils un régime à tendance présidentielle (genre Etats-Unis) ou un régime de majorité parlementaire (genre Angleterre) avec un Président-roi qui assure au-delà des partis une certaine cohérence de la nation ?

Tel est, je crois, l’enjeu institutionnel des élections de juin. J’estime que c’est un vrai débat. Qu’en pensons nous ?