Le gouvernement sans assemblée que nous connaissons présentement explique son programme pour les législatives en étalant à la télévision et dans les journaux les déclarations sur les différents perrons des ministères, de Matignon ou de l’Elysée. A la volée, il clame son programme en expliquant ce qu’il désire soumettre à la prochaine assemblée.
La gauche plurielle semble plus embarrassée. Manifestement, il lui manque un chef. Elle semble encore plus éparpillée que la droite.
Plus de 8.000 candidats ajoutent à la confusion. Le flou se dissipera peut-être au soir du premier tour des élections législatives. D’ici là, personne ne sait bien qui promet quoi et qui gouvernera avec qui. Je trouve grave de ne pas connaître précisément les objectifs politiques de nos futurs législateurs.
Mais il y a surtout un point qui m’inquiète : quelle forme va prendre l’Europe ?
Monsieur Giscard préside une commission. Allons-nous recevoir le paquet de leurs projets comme un énorme cadeau-surprise qu’il nous faudra accepter faute de quoi, nous dira-t-on, nous anéantirons quarante ans de recherches, d’hésitations, et de patientes réalisations ? Je redoute que nous soyons contraints d’avaliser ce qui aura été édifié sans nous. Nous nous trouverons devant le tout ou le rien.
Je ne découvre pas dans les programmes, dans les débats télévisés, dans les colonnes des journaux, des éléments de réflexions pour nous aider à réfléchir et à faire notre choix. Je sais bien que l’Europe est une question qui fâche les Français et les divise. Ce n’est pas une raison pour la taire.
L’Europe aura-t-elle un président élu pour six ans par tous les pays, au suffrage universel ou collégial (tous les députés de tous les pays membres) ? Quel sera son pouvoir ? Avec qui gouvernera-t-il ? Quelle sera la compétence de l’Europe en matière économique, militaire, et des affaires étrangères ? Quels rapports avec les gouvernements des différents états-membres ? Qui contrôlera le président de l’Europe et ses différents et éventuels ministres ? Qui ratifiera les traités politiques ou les accords économiques avec les autres pays du monde ? Qui dialoguera avec les syndicats pour bâtir une Europe sociale homogène ? Qui préparera l’élargissement aux pays de l’Est ?
Il est bien évident que, si nous faisons l’Europe, chaque état et chaque nation perdront de leur autonomie et de leurs habitudes nationales. De plus, nous ne parlons pas la même langue et n’avons pas encore la même manière de penser.
Parce que je souhaite que l’Europe se fasse en moins de dix ans, je désire ne pas rester qu’avec mes points d’interrogation en travers de la gorge. J’aimerais que ceux et celles qui se présentent à nos suffrages descendent dans le concret de l’édification de l’Europe et nous donnent un échéancier des prochaines étapes. Quelles sont leurs propres options ?
Je n’ai qu’ébauché cet immense problème et j’aimerais que les politiques et les syndicalistes m’aident à formuler mon jugement et me demandent mon avis avant qu’il ne soit trop tard pour faire des remarques édificatrices. La démocratie me semble l’exiger.
Qu’en pensez vous ? Notre Tricot n’est ni à Paris, ni à Bruxelles, ni à Strasbourg, mais il a le devoir de former son jugement.
26 mai 2002
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