11. La réforme du système de santé en France

Je continue mes exercices de réflexion, seul avec moi-même, mes utopies, mes approximations, mes naïvetés…

La santé est, à mon sens, un certain équilibre pour vivre au mieux et resté debout malgré tous les aléas que traversent les personnes humaines liées par un pacte de solidarité au sein d’une nation.

Chacun et tous, individus et collectivités, nous connaissons, avons connu ou connaîtrons, pour plus ou moins longtemps, des moments difficiles où nous avons (aurons) besoin d’être soignés, soutenus, pour nous rétablir, reprendre souffle, récupérer une autonomie et retrouver une place dans une société active.
Il se trouve aussi que la moyenne d’âge s’allonge en France et que les précarités du grand âge peuvent durer de longues années.

La mort elle-même a souvent besoin d’être accompagnée dans des services spécialisés.

Pour tout cela, les familles, les amis, les voisins, ne suffisent plus ; le besoin de personnel spécialisé compétent dans des centres de soin ou à domicile augmente d’année en année.

La recherche est sans fin, les audaces chirurgicales sont saluées avec enthousiasme par nous tous qui désirons repousser à plus tard le jour de notre mort.

Beaucoup de personnes ne vivent qu’avec des médicaments performants. Il faut de la recherche, des labos et des pharmaciens.

En cas d’événements graves qui perturbent un collectif, on crée une cellule de crise flanquée de psychiatres et de psychologues.

La perturbation de la santé mentale, les troubles du comportement psychologique ont, à bon droit, besoin de structures hospitalières et de personnel de plein vent pour mieux assumer des fragilités provisoires ou longues. Beaucoup, après des traitements adaptés retrouveront une joie de vivre qui s’était estompée…

Bref, pèle mêle, j’ai noté ci-dessus quelques données que chacun complétera. Je désire simplement que nous comprenions que notre besoin de santé est infini dans la société française moderne (ou dans la culture occidentale). Il en va de notre désir de vivre, de bien vivre, de vivre au mieux, et de réparer ce qui se détraque. Ce n’est pas seulement une question de maladie (au sens large) ou d’accident. C’est d’abord et avant tout une question de psychologie sociale et une option culturelle.

La santé n’est pas un droit mais un besoin de plus en plus pressant. Il n’est pas identique dans tous les continents. Notre rapport au normal et au pathologique varie selon notre philosophie, nos psychologies, nos rapports au bonheur, à nos chances, à nos réussites. Nous sommes à un moment historique où il nous faut finement analyser ces questions si nous ne voulons pas qu’elles nous déstabilisent…

Tout cela coûte des sous ! Des sommes de plus en plus considérables sont englouties dans les dépenses de santé. Un Etat doit chercher avec la population un moyen social et solidaire pour répondre à cette question d’ordre métaphysique.

Cette question est aussi politique. Quel sera le programme de nos futurs députés ? Il ne s’agit pas seulement d’augmenter le prix des consultations des généralistes ou de former plus d’infirmières ; c’est d’une question vitale dont il faut débattre.

On ne peut pas au Nord avoir un système de santé très pointu et au Sud se contenter du dispensaire du docteur Schweitzer. De graves épidémies réclament une véritable solidarité internationale.

Personnellement je crois que, en ce domaine, la pastorale de la santé devrait avoir des avis pertinents à débattre avec l’ensemble de la population.