Souffrance des « chercheurs » de Jésus
Je me souviens que, dans les mois qui ont suivi l’ébranlement culturel de Mai 1968 en France, beaucoup de mes amis furent « passés au crible » dans leur religion et même dans leur foi. Lorsque nous discutions, ils me disaient : « Je suis maintenant en recherche de Jésus ».
Pour certains, ce fut l’occasion d’un enracinement profond dans l’amour du Christ. Pour d’autres, les événements les poussèrent ou les autorisèrent à prendre grande distance vis-à-vis de la foi et de l’Église.
Un verset de l’Évangile de Luc (2, 48) me donne aujourd’hui de repenser à beaucoup de ceux qui m’ont dit jadis : « Je suis en recherche de Jésus » et à ceux et celles qui dans les vicissitudes du temps ont entrepris actuellement de se rapprocher des Écritures pour « rechercher » le Christ des Évangiles…
À ces derniers, je voudrais dire « courage » ; cette quête, si elle est authentique, comporte non seulement des efforts, mais aussi les souffrances d’un parcours incontrôlé par avance. La phrase de Marie à Jésus, lorsqu’elle vient de le retrouver dans le Temple parmi les docteurs de la loi après trois jours de recherche : « Vois, comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi » crie encore la vérité.
Je ne me prononce pas sur la réalité de l’événement de Jérusalem quand Jésus avait douze ans, mais les paroles de Marie décrivent le périple accidenté et éprouvant des chercheurs du Ressuscité présent mais aussi caché, voire défiguré :
En 2010, chercher le Christ, chemin vers Dieu, n’est pas seulement lire quelques livres et en digérer la substance. C’est accepter d’entrer dans un bouleversement :
La recherche de Jésus est encore, aujourd’hui, un pèlerinage où il faudra avancer sans bagage et sans autre certitude que c’est lui que l’on cherche dans la pauvreté d’un désir inassouvi.
Pour chercher Jésus, il faut avoir découvert qu’il manque ou qu’il y a un manque, d’une part, et qu’un croyant proche ait fait comprendre que ce manque, cette faim intérieure, venait peut-être de la méconnaissance de Celui qui nourrit en vérité et en lumière, au milieu des aléas du monde, d’autre part ; la Parole n’est pas facilement audible en plein vent.
Le risque de ne pas accueillir, pour soi, une invitation du Christ transmise par les baptisés-confessants :
… n’est pas nul.
Luc nous raconte Joseph et Marie rebroussant chemin, retournant seuls à Jérusalem. Au bout de trois jours (le même temps que celui attribué à la Résurrection), ils trouvèrent Jésus dans la maison de son Père au milieu de ceux qui, par profession, estiment savoir et qui sont déroutés par un gamin de douze ans qui écoute et pose des questions.
Miracle permanent et déroutant des chercheurs du Ressuscité !
14 juin 2010
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