Heureuse celle qui a cru
Marie et Élisabeth
Deux femmes enceintes. Deux femmes dont la fécondité mystérieuse est liée à la Parole de Dieu. Ces deux femmes portent en elles un fils qui, l’un et l’autre, seront bonheur pour l’humanité.
Marie a cru
La foi : il ne s’agit pas seulement d’une connaissance ou d’un savoir mais d’un acte. La foi est une volonté libre. Ce n’est pas un sentiment que l’on a ou que l’on n’a pas, c’est une décision de chacun. Croit qui veut croire. Cette démarche intérieure, ce bouleversement choisi, cette adhésion intime, n’est pas spontanée. Elle est une résolution libre, un engagement de l’intelligence et du cœur.
La foi ne tombe pas dessus. Elle est un don de Dieu et Dieu ne laisse rien au hasard. Il confie son trésor à la liberté de tous les hommes. Il n’est pas servi par des rampants, mais par des hommes debout comme le Ressuscité.
Marie a cru à l’accomplissement.
Dans tout acte de foi, il y a un avenir, une plénitude, un événement et un avènement. La foi pousse à croire qu’il va se passer quelque chose. Rien n’est plus comme avant après une option fondamentale. Une histoire prend corps et va se dérouler. L’existence, tout en restant ordinaire, devient extraordinaire. La monotonie prend du relief. La fadeur se change en saveur. Au sein d’une vie marquée par la mort naît l’Espérance.
Croire implique un sens, une orientation, un devenir qui transforme la vie relationnelle et la remplit au-delà de l’imagination.
Croire au Christ humanise l’humain et le porte aux limites de l’infini.
Marie a cru à des paroles qui lui furent dites de la part de Dieu.
Les Messagers de Dieu nous visitent. Ils s’approchent de nous chaque jour. À tout moment, ils prononcent la Parole de Dieu. Mais nos yeux sont gavés d’images toutes faites, notre tête est si pleine de bruit, notre cœur si empêtré, que ni nous ne les reconnaissons, ni nous ne les entendons.
Pourtant, ils parlent notre langue. Leurs mots sont nos mots. Leurs regards et leurs intonations nous sont si familiers que nous ne les entendons plus. Parce qu’ils sont nos proches, nous croisons souvent ces messagers de Dieu. L’habitude a dévoré le message avant qu’ils l’aient prononcé. Par peur, nous nous prémunissons contre leur intervention. Si nous les écoutions, il faudrait changer tant de choses.
Ne croyons pas que Dieu, dans sa gloire, nous apparaîtra au détour du chemin. Mais, tous les jours, ses messagers nous abordent et nous confient son annonce.
Laquelle ? Je ne sais a priori ! Mais si nous faisons silence, si nous écarquillons les yeux, si nous ne répondons pas avant qu’ils aient parlé, nous entendrons un message qui s’adresse à nous personnellement et provoque notre acquiescement.
15 août 1997
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