Luc 6, 8

Pour guérir…

Entrer dans « guérir », qui est une action qui s’inscrit dans la durée et non pas comme « la guérison » qui apparaît comme un résultat, il y a un préalable composé :

Entrer dans « guérir » est une marche dans le désert de la menace. Soutenir l’effort réclame des « alliances » multiples de différentes natures. La discrète et bienveillante présence d’autrui est indispensable, elle opère des ‘choses étonnantes’.

Entrer dans « guérir » suppose une attitude lucide sur la précarité humaine et sur l’aventure de l’existence.

« Guérir » à mon sens n’est pas seulement échapper à une pathologie, c’est simplement vivre dans le risque quand se reconnaître mortel devient évident.

Entrer dans « guérir » ne concerne pas seulement les accidents de santé et les aléas de la maladie, bien qu’ils soient significatifs tout au long des années et des décennies, mais touche aussi les dimensions spirituelles, psychologiques, affectives, sociétales des différentes relations qui structurent ou démolissent la vie de chacun et de chacune.

Oui, aussi paradoxal que cela puisse paraître, je suis arrivé à penser que vivre, c’est en fait guérir. Si ma conviction est juste elle entraîne une conséquence : prendre soin est une obligation pour tous.

Certains et certaines, dans la cité, exercent des professions éducatives, sociales ou relatives à la santé psychologique et physique. De manières différentes, ils gagnent leur vie en prenant soin d’autrui, ils rendent un service indispensable à la société et méritent salaire mais en plus en ‘agissant devant tout le monde’ ils invitent par leurs seules pratiques, tous les humains à prendre soin les uns des autres pour que guérir et vivre se confondent…

L’épisode raconté par Saint Luc (qu’à tort ou à raison, l’on dit médecin) qui montre Jésus guérissant un homme à la main droite (celle qui en principe agit la première) paralysée me conforte dans ma manière de penser. Pour guérir et vivre au sein de la précarité humaine il faut répondre à l’invitation :