Luc 6, 6-11

Deux manières d’agir

Les miracles de guérison opérés par Jésus Christ ne sont pas seulement des soins apportés à des personnes pour qu’elles recouvrent le plein usage de leur santé physique, psychique ou spirituelle.

Ce sont aussi des actes « significatifs, symboliques », qui mettent au « grand jour » :

Ce sont des actes qui, à partir de la santé, dépassent la santé.

Tout humain  a besoin de ‘guérir’ :

Pour prendre sa propre stature individuelle, un humain a besoin que d’autres humains s’occupent de lui.  Alors il devient humain !

Bref les miracles de guérisons qui jalonnent l’Évangile s’adressent à nous tous pour nous convier, quel que soit notre métier ou notre état de vie, à tout faire pour qu’autrui prenne sa pleine stature.

C’est un devoir « d’équité » qui entraîne un décentrement de l’égoïsme et du « chacun pour soi » ; mais aussi une « interrogation permanente » sur notre solidarité effective et  réelle vis-à-vis des plus faibles d’entre nous.

Nous sommes appelés à réussir ensemble et à trouver les ressources individuelles ou sociales qui  permettent de mettre en œuvre les miracles de la « guérison et du soin ».

Le début du chapitre six de l’Évangile de Saint Luc met en scène un homme à la main droite paralysée : la main du travail et de la relation.

C’est le jour du sabbat, la loi prévoit de ne rien faire en ce jour de sanctification. Les scribes et les pharisiens le rappellent et sont prêts à gourmander ceux qui dérogeraient à cette loi séculaire.

Mais il y a une autre loi fondamentale qui est gravée dans la conscience et le cœur des hommes :

Soigner autrui dans tous les sens du terme non seulement ne nuit pas au sabbat mais l’accomplit pleinement car c’est un devoir premier que de faire vivre et « bien vivre ».

Il y a toujours « urgence » à détruire ce qui enferme autrui.

Deux comportements différents :

*  Celui des pharisiens et des scribes cramponnés aux préceptes.

* Celui de Jésus qui en appelle à la conscience souple qui discerne et choisit le comportement « qui fait du bien et sauve la vie ».

*  Celui des pharisiens et des scribes qui « lisent et disent » ce qui est permis et ce qui est défendu. Ils ont un ‘protocole religieux’ tout tracé, il suffit de l’appliquer.

Tout est prévu, alors il n’y a qu’à faire ce qui est noté !

Leur religion a tué la responsabilité et le discernement intelligent d’une conscience assouplie par l’amour d’autrui.

*  Celui de Jésus, qui,  les yeux dans les yeux, demande à tous ceux qui sont là, présents, ce qu’il est meilleur de faire. La mission du Christ c’est de servir et de guérir. Il forme les consciences et les cœurs dans ce sens là.

Il y a donc une différence fondamentale entre le Christ et les scribes :

À la lumière du Ressuscité et dans son intimité, il faudra que les baptisés choisissent leur loi propre et transforment leur vie.

Aidés par la grâce qui illumine les consciences, ils rompront :

… ils choisiront ce qu’elle avait déjà préconisé :

 ‘L’amour du prochain’ qui est à la mesure de l’amour que Dieu porte à chacun pour qu’il vive à plein son « Mystère d’homme divinisé par l’Incarnation ».