La foule cherchait à le toucher
Nous campons en pleine religion populaire ! « Brute de fonderie », la foule n’a pas élaboré sa démarche ni affiné sa théologie. Dans sa simplicité, elle demande à être libérée de ce qui l’opprime : l’ignorance, la maladie et les esprits mauvais.
Les apôtres, les disciples et la foule, tout le monde est là, au rendez-vous. Au carrefour de la misère se rencontre tout un peuple en mal d’espoir. Même si la demande de chacun diffère, tous désirent rencontrer le Christ et le toucher, comme pour s’assurer de sa présence corporelle.
Ce contact physique libère la force (la vertu) qui guérit. Jésus n’est pas un fantôme, c’est un homme de chez nous, inséré et modelé dans l’histoire d’un peuple et marqué par elle. Donné par son Père, fruit de l’Esprit saint, c’est de l’intérieur qu’il apporte le Salut. Il sauve par la médiation de son corps. La guérison des maux et la libération du Mauvais sont tangibles ; il suffit de se frayer un chemin jusque vers Lui, de jouer courageusement des coudes pour L’approcher, et témoigner ainsi de son libre désir d’être sauvé.
Les gens viennent pour L’entendre, accueillir un message pour leur intelligence. « Jamais aucun homme n’a parlé comme cet homme ». Parce qu’Il est le Verbe, ses paroles portent la vie, dynamisent et consolent.
Mais ce qu’Il dit, Il le fait. Ses propos ne sont ni creux ni amortis ; ils ouvrent à l’infini en développant en chacun ses capacités intellectuelles.
Ceux qui portent dans leur chair les affres de la maladie et le poids des douleurs, le Christ les accueille. Il ne fait pas fi de leurs problèmes : il rencontre l’humanité dans sa réalité. Il ne fuit pas hors des contingences, Il les porte, Il les touche, et c’est cette fréquentation concrète qui guérit.
Les enchaînés du mal, ceux qui ne sont pas maîtres d’eux, les possédés sollicitent leur libération. Ils ont besoin d’une force pour rompre les liens de la captivité. Tout seuls ils ne peuvent y parvenir. Le Christ brise le cercle infernal. Il redresse ceux qui sont repliés sur eux-mêmes au point d’en perdre le goût de vivre.
Il se laisse toucher et ce contact rétablit l’altérité salvatrice.
1 janvier 1985
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