Vin vieux
Qu’est ce que Saint Luc a voulu nous faire comprendre en rapportant la parabole racontée par Jésus :
Les disciples avaient dû comprendre car ils n’ont pas eu droit à des explications en particulier. Pour guider nos choix personnels et notre action communautaire, nous, nous sommes contraints à quelques hypothèses spirituelles.
Je vais m’essayer à un commentaire sur le verset 39 qui tente de nous détourner du vin vieux de la loi mosaïque si nous voulons apprécier le vin nouveau de la nouvelle Alliance en Jésus Christ.
Il est bien évident que descendre à la cave et dénicher sous une couche de poussière vénérable une vieille bouteille de château Margot de trente ans d’âge ne peut que réjouir… ce sera une offrande aux convives qui apprécieront. Mais c’est exceptionnel comme un souvenir heureux…
Mais là n’est pas tout à fait la pointe du message évangélique de la parabole méditée aujourd’hui.
Si l’on veut pouvoir goûter, estimer, choisir comme boisson quotidienne le vin nouveau de l’Évangile, il faudra perdre le goût du vin vieux bien « arrondi », délicieusement « rétro ». Il y a une conversion du palais et des papilles à effectuer pour ne pas tomber dans la comparaison et le regret fallacieux.
Si l’on veut trouver « bon » le vin nouveau il faudra « rompre » avec le passé (dépassé mais pas aboli) et fréquenter le nouveau breuvage qui n’est pas seulement bon mais excellent. Il faudra s’habituer à en chercher le bouquet « unique ».
Celui qui ne s’éloigne pas (physiquement et spirituellement) du Vin Vieux n’accède pas à l’audace humaine du Vin Nouveau.
La loi de Moïse, était certes tracassière. Mais pleine de sécurité religieuse, elle prescrivait des choses précises à faire pour être un ‘bon pratiquant’, c’est-à-dire un fidèle ‘à jour des prescriptions.’ Elle reposait tellement qu’elle pouvait endormir dans l’hypocrisie, « comme ceux qui disent et ne font pas ».
Elle ne manquait pas de « goût », elle proposait un certain confort : on savait à quoi s’en tenir. Les manquements abondaient, mais la fête annuelle des « pardons » et tous les cinquante ans « l’année jubilaire » remettaient les compteurs à zéro et les cœurs dans la quiétude…
« L’Accomplissement de la Loi » par Jésus dépasse de beaucoup la loi car cet « achèvement » fait tout, « tout nouveau ».
Il débouche :
Je crois que pour en arriver là, il faut oser se priver du Vin vieux, qui n’était que bon pour un temps, pour en arriver au Vin nouveau qui est excellent pour toujours.
4 septembre 2009
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Luc 5, 39