Matthieu 17, 14-20

11 août 2012

Ce qui afflige Jésus et semble le décourager, ce n’est pas l’échec des disciples, les éventuelles jalousies ou les courses au pouvoir des uns ou des autres, mais leur manque de foi. Tout se passe comme si Jésus s’attristait d’être obligé de faire lui-même ce qu’il avait délégué à l’action de ses disciples.

8 août 2015

Un père se détache de la foule pour parler en vis-à-vis avec Jésus et lui exposer sa souffrance paternelle : son fils est malade, il lui arrive souvent de tomber dans les outrances du feu ou de l’eau. Les disciples consultés n’ont rien pu faire. Un seul recours : Jésus lui-même. Le Christ semble dépité par l’impuissance de ceux qui le suivent. Mais il dit pourtant : « Amenez-le moi ! ». Jésus prend patience, sa bonté supplée ce que ses disciples auraient dû savoir faire. Il ne les tance pas. Il les aime.

12 août 2017

Les disciples veulent savoir la cause de leur échec. En effet, ils n’ont pas pu guérir un épileptique. Ils avaient pourtant reçu beaucoup de pouvoirs lorsque le Christ les avaient envoyés en mission. Décontenancés, en particulier, ils s’approchent de Jésus pour l’interroger et écouter sa réponse. Jésus leur explique : ce n’est ni le savoir-faire, ni les pouvoirs qui, dans bien des cas, suffisent, mais c’est la foi qui est requise. Dans le domaine où Jésus se situe, seules la confiance en Dieu, l’offrande, la prière du cœur, sont efficaces.

11 août 2018

« Combien de temps devrai-je vous supporter ? ». Si je comprends bien ces versets du dix-septième  chapitre de Matthieu, la grande épreuve du Christ, c’est le manque de foi de ses disciples. Ils n’arrivent pas à chasser le démon-diviseur ou le démon-ravageur de la liberté. Pourquoi ? Parce qu’ils ne vivent pas en eux ou entre eux l’unité ou la liberté. Leur foi débile, pas plus grosse qu’un grain de moutarde, paralyse leur action bienveillante. Les dons que Jésus leur a donnés avant qu’ils ne partent en mission sont inopérants, car ces pouvoirs sont du domaine de l’Esprit et non de celui des guérisseurs ordinaires. Les miracles sont liés à la foi. D’ailleurs, on ne les voit et les reconnaît que dans une relecture croyante inspirée par l’Esprit Saint.

8 août 2020

« Viens guérir mon fils, il souffre de ses contradictions. Il tombe, tantôt dans l’eau, tantôt dans le feu. Tes disciples n’ont pas réussi à le guérir. Ils ont peut-être la même maladie que lui ». J’invente la formulation du père qui aime son enfant. Il recourt à Jésus parce que, lui seul, peut guérir les humains de leurs contradictions intérieures. Il sauve l’humanité de ce qui la tourmente : seuls la foi et l’amour donnent l’unité de vie. Est-ce possible totalement dans le temps et l’espace ? Je ne sais ! Par contre, je crois que le Passage de la Résurrection ouvre à l’unité en Dieu-Trinitaire parce qu’il est Amour. A mon avis, sur terre, nous ne pouvons que réduire notre souffrance de la division intime pour la rendre supportable et qu’elle ne nous empêche pas de « marcher » librement.

7 août 2021

L’expression populaire « une foi à transporter les montagnes » est, mot pour mot, empruntée à l’Évangile de Matthieu. La sagesse de la rue nous rappelle que la foi aide à réaliser ce qui semble à première vue impossible à vue humaine. Il est évident que la foi n’empiète ordinairement pas sur les lois naturelles, mais elle ouvre l’intelligence, le cœur, la vie sociale, à tout ce qui peut aider à servir nos frères humains avec les prévenances délicates du Christ.

La Transfiguration

11 août 2012